Marie Leblanc, l’oubliée de la rue du Vieux Conseil

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Une femme «étonnante», Marie Leblanc. Une femme de lettres qui a su aiguillonner le talent littéraire de diverses plumes, telle celle de Léoville L’Homme ou de Savinien Mérédac. C’est la mémoire de Marie Leblanc que la mairie de Port-Louis honore ce matin, avec le dévoilement d’une plaque au numéro 5 de la rue du Vieux Conseil, car sa maison abrite aujourd’hui le musée de la photographie.

«Elle créait, grâce à ses revues littéraires des surfaces d’expression», explique Robert Furlong, président de la Fondation Malcolm de Chazal (elle-même installée à la rue du Vieux Conseil). Arracher Marie Leblanc à l’oubli est une de ses initiatives. En 2005 déjà, il avait publié, avec Vickram Ramharai et Danielle Tranquille, Une Mauricienne d’exception : Marie Leblanc.

D’elle, Robert Furlong témoigne : «Son rôle dans le développement de la littérature mauricienne a été essentiel». Outre d’avoir signé des nouvelles – avec un intérêt marqué pour l’amour et la femme, la femme en proie aux souffrances de l’amour – des contes, des poèmes, d’avoir traduit des contes de l’anglais au français, Marie Leblanc a fait vivre plusieurs revues littéraires.

Parmi, certaines étaient annuelles, à l’exemple de Le soleil de juillet, qui a paru tous les 14 juillet pendant 24 ans ou encore Les roses de Noël, qui a paru en décembre pendant 22 ans. «Sans ces revues, des auteurs qui n’auraient sans doute pas fait connaître leur talent, ont pu partager leurs écrits avec le public», explique Robert Furlong.

Si le temps ne nous a transmis aucune photo de Marie Leblanc, on sait qu’elle est née en 1867. Elle décédera en 1915 dans des circonstances douloureuses. «J’ai cherché pendant longtemps à savoir comment elle était morte», dit Robert Furlong. «Dans les années 1910, il y avait un réchaud à pétrole qui venait de sortir. Au no. 5 de la rue du vieux conseil, là où se trouve aujourd’hui le musée de la photographie, un 13 août, alors que Marie Leblanc réchauffait le repas pour sa soeur et elle, le réchaud à pétrole a explosé, la brûlant grièvement. Elle s’est précipitée dans la rue et a été emmenée à l’hôpital civil, l’hôpital Jeetoo aujourd’hui». Marie Leblanc ne survivra pas à ses blessures. Ses écrits oui. On peut notamment les trouver à la Bibliothèque Nationale et entre les pages de l’anthologie que lui ont consacrées Robert Furlong, Vickram Ramharai et Danielle Tranquille.

Aline GROËME-HARMON
(Source: Lexpress)

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