Mare-Longue : Le planteur Ashwin Daby, un volontaire pour le développement du pays

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Rajcoomar Daby, plus connu comme Ashwin, est accusé par Rashid Beebeejaun de vouloir « bloquer le développement » à Mare- Longue. Le planteur de légumes s’en défend et affirme s’être mis volontairement à la disposition des autorités pour faciliter la tâche du contracteur.

Ashwin Daby, 31 ans, s’est retrouvé, malgré lui, au centre de l’actualité après une altercation avec le vice-Premier ministre et ministre des Services publics, le jeudi 23 juin. Rashid Beebeejaun, effectuait une « site visit » entre Mare-Longue et Mare-aux-Vacoas, afin de faire un constat de l’ avancée des travaux enclenchés par la Central Water Authority (CWA) pour relier les deux réservoirs.

La visite s’est toutefois terminée en eau de boudin quand le planteur a voulu interpeller le vice-Premier ministre sur les pertes qu’il a encourues depuis le début de ces travaux. Rashid Beebeejaun a dû rebrousser chemin parce que, selon ce qui a été rapporté, le camion d’Ashwin Daby bloquait la voie et le planteur voulait s’adresser au vice-Premier ministre&nbsp en personne.

Le cultivateur a été accusé d’être opposé au développement. « Ces personnes sont contre le développement national, et ne pensent qu’à s’enrichir, c’est tout à fait regrettable», a lancé Rashid Beebeejaun à la fin de la visite.

Lexpress.mu a rencontré le planteur dans son champ le vendredi 24 juin. Ashwin Daby nie fermement ces accusations. Il affirme s’être porté volontaire dès le début des travaux, pour faciliter la tâche au contracteur. Il soutient que c’est lui qui a proposé à Sotravic d’utiliser ses terres comme voie d’accès pour la pose des tuyaux.

«Je suis allé voir les responsables du chantier de mon plein gré pour leur proposer une voie d’accès qui leur permettrait de transporter les matériaux plus rapidement et plus efficacement. Cela fait un mois maintenant qu’ils utilisent quotidiennement le chemin qui passe par mes terres», explique Ashwin Daby.

Vendredi après-midi, les ouvriers de Sotravic étaient effectivement sur les terres du planteur. Ashwin Daby entame même un brin de causette avec eux. Ils semblent bien se connaître.

« Nous nous croisons tous les jours et c’est normal qu’il y ait une forme d’amitié entre nous. Ils vont encore utiliser ce chemin pendant plusieurs semaines », ajoute Ashwin. Ce que confirment les ouvriers présents.

Le chemin qui existait déjà a été élargi d’un mètre par la compagnie Sotravic, selon les dires d’Ashwin Daby. Ils auraient creusé dans un grand champ de chouchou qui longe le chemin en question.

Le propriétaire des lieux n’a jamais accordé son autorisation pour ces travaux d’agrandissement et qui lui a fait perdre Rs 50 000 sur la prochaine récolte de chouchou. Il explique que ce chiffre est une estimation faite par les officiers de l’Agricultural Research and Extension Unit (AREU).

Ashwin Daby déplore l’état actuel du chemin utilisé. Il est devenu impraticable pour le camion du planteur. Le portail d’accès est également dans un piteux état. « Je veux seulement savoir qui va assumer le coût des réparations à la fin des travaux », répète-t-il.

Il réclame ainsi Rs 200 000 de dommages aux autorités. Mais personne ne semble vouloir entendre l’appel du planteur. Il soutient avoir fait le va-et-vient entre la Central Water Authority (CWA) et Sotravic.

« Chacun renvoi la responsabilité sur l’autre. Je demande juste à savoir qui va réparer cette route. Qui va la rendre praticable ? Si c’est moi, qu’on me compense adéquatement. Je me demande ce que cela aurait coûté au contracteur s’il avait dû contourner mon terrain pour transporter des tonnes de matériaux. Cela équivaut à un détour de plusieurs kilomètres », fait ressortir Ashwin Daby.

Le planteur se dit profondément blessé par le fait que le ministre des Services publics l’ait accusé de vouloir s’enrichir en faisant barrage au développement national. Il affirme que les tuyaux de la CWA ne passeront pas par son terrain. Du moins pas cette portion de terre qui est au centre de la controverse.

Par contre, les travaux de la CWA affecteront un autre champ. Presqu’un kilomètre plus loin. Ce deuxième terrain appartient aussi à sa famille. Il y cultive de la pomme de terre. Le tracé du nouveau réseau reliant Mare-Longue à Mare-aux-Vacoas longera ce champ.

En semant ses pommes de terre, Ashwin a laissé libre une partie de ses terres. Une bande d’environ 1,5 mètre sur une centaine de mètres n’est pas sous culture. « J’ai laissé cette bande en pensant que le contracteur pourra y entreposer la terre qui proviendra des fouilles. J’aurais très bien pu y planter des pommes de terre et réclamer, par la suite, une compensation à l’AREU. Mais vous savez, l’eau c’est pour tout le monde et cela me fait plaisir de participer à ce projet», assure Ashwin Daby.

Ce dernier donne la garantie qu’il continuera, malgré les accusations qui sont portées contre lui, d’apporter son soutien à ce projet. «Je suis un patriote», clame-t-il .


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