Maisons EDC : Des milliers de Mauriciens vivent toujours en contact avec de l’amiante

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Cela fait près de 17 ans que le syndicaliste Reaz Chuttoo milite pour conscientiser les autorités quant à la présence d’amiante dans des maisons offertes par la European Development Community (EDC), destinés aux plus démunis.

Selon Reaz Chuttoo, l’Etat doit être blâmé pour avoir négligé les doléances de ces milliers de Mauriciens vivant non seulement dans des conditions modestes, mais risquent leur vie, en étant exposés aux fibres d’amiante. Ce minéral, à la texture fibreuse, est connu comme étant cancérigène.

A ce jour, il existe 3 113 maisons EDC à travers le pays, construites à partir de plaques d’amiante, dont environ 300 qui ont été remplacés par des constructions en dur. Dans une lettre, adressée à des habitants du district de Rivière-Noire, le ministre des Terres et du Logement, Abu Kasenally, devait leur demander de prendre des mesures préventives nécessaires. Comme par exemple recouvrir ces plaques d’amiantes par de la peinture à l’huile, ou encore éviter la manipulation de ces plaques, pour empêcher la propagation de la poussière nocive.

Durant la semaine écoulée, la présence suspecte d’amiante dans un bâtiment du Lycée des Villes-Sœurs, à Beau-Bassin, a provoqué la suspension des cours, en attendant que le Mauritius Standard Bureau (MSB) fournisse le rapport final, à ce sujet. Ce cas a été rapporté au ministère du Travail, chargé de la Santé et de la Sécurité des Employés, après la chute du toit de la maison du gardien du collège. L’entreprise SNB Construction, a été sollicitée pour effectuer des travaux sur le site.

Animateur du Committee for the Banning of Asbestos, Reaz Chuttoo réclame depuis 1994 un audit quant à la présence d’amiante dans les bâtiments gouvernementaux et dans les maisons EDC. L’immeuble Emmanuel-Anquetil (Registrar Building), par exemple, lors de sa rénovation, présentait une présence importante d’amiante bleu. «A l’issue d’une étude sur plusieurs bâtiments gouvernementaux, effectuée par des chercheurs britanniques, un rapport a été publié quant à la présence d’amiante. Ce rapport a été, par la suite, remis entre les mains du gouvernement et le contenu est jusqu’à ce jour resté secret. Nous réclamons que ce rapport soit rendu public», fait ressortir Reaz Chuttoo.

«Nous comptons effectuer une campagne dans la région ouest du pays, auprès des habitants de Rivière-Noire, car ce ne sont pas uniquement les familles vivant dans des maisons EDC qui se sentent concernées par cette affaire», ajoute le syndicaliste, qui affirme que les voisins craignent aussi une éventuelle contamination.

Pour sa part, Alan Gannoo, député du Mouvement Militant Mauricien (MMM) ayant longuement milité pour que ces familles retrouvent un logement loin de tout danger, souhaite se lancer dans un projet de grande envergure, auprès des habitants de sa circonscription, Savanne-Rivière-Noire (N° 14). «Nous comptons réunir les habitants de la région de ma circonscription, en vue de convaincre le gouvernement de les reloger. Néanmoins, nous attendons toujours une réponse de l’Etat. Toutes les&nbsp familles sont d’accord pour que les maisons soient détruites, mais à condition que le gouvernement fournisse de quoi pour les reloger », confie le député mauve.

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