Madagascar: un camion de l’armée pris avec une «montagne» de drogue

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Soixante-dix sacs de cannabis en provenance de Betroka ont été retrouvés dans un camion des forces armées, dimanche soir. Les deux convoyeurs ont été écroués mardi 30 juillet.

Des militaires de mèche avec des barons de la drogue. Dans la soirée de dimanche vers 20h30, un camion Mercedes des forces armées est tombé dans le filet tendu par le service central des stupéfiants sur la Nationale 7, au niveau d’Iavoloha, avec près de deux tonnes et demie de cannabis trônant dans sa remorque.

En tenue réglementaire, un adjudant et un sergent qui convoyaient la cargaison prohibée, ne se sont pas laissé faire, bien évidemment. Aussitôt, le poids-lourd a été relâché. En revanche, les soixante-dix sacs de cannabis découverts à bord, ont été saisis. Déférés au parquet du tribunal à Anosy mardi, les deux militaires ont été mis en détention préventive à la maison centrale d’Antanimora avec deux civils, dont le propriétaire de la drogue interceptée qui se trouve à la tête de tout un cartel, et son jeune fils qui a accompagné le camion sur la RN7. À la lumière des enquêtes préliminaires, on apprend que la drogue proviendrait de Betroka.

Informée qu’elle allait bientôt arriver à Antananarivo, la police des stupéfiants a mis en place un dispositif de contrôle à l’entrée sud de la ville, aux abords d’une station-service à Iavoloha. Sur le pied de la guerre, après avoir appris les signalements du camion vert armé utilisé par les trafiquants, des policiers armés des Stups n’ont pas lâché le morceau malgré la présence dissuasive du soldat et du sous-officier jetés en prison hier. Pour dérouter tout contrôle, la montagne de cannabis avait été dissimulée sous des sacs de charbon. Mais sûrs des informations en leur possession, les limiers les ont déchargés jusqu’à ce qu’ils mettent à nu cet important trafic.

Pendant son périple entre Betroka et la capitale, le camion a, à chaque fois, réussi à passer les barrages de contrôle routier établis par la police et la gendarmerie. C’est seulement en arrivant aux portes d’Antananarivo que les trafiquants sont tombés sur un os. Soumis à un feu roulant de questions, les quatre individus incriminés auraient avoué qu’ils ont acheté la cargaison de produits stupéfiants à 2,5 millions d’ariary. Elle devait ensuite être écoulée dans la capitale à raison de 300 000 à 400 000 ariary le sac.

Quant au poids-lourd des forces armées, il aurait été loué jusqu’à concurrence de deux millions pour faire office de façade. Avant que l’affaire ne soit transmise au parquet, deux colonels ont été aperçus au siège du service central des stupéfiants à Anosy.

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