Madagascar : le sectreur privé tire la sonnette d’alarme

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Le groupement des entreprises de Madagascar dénonce une dégradation du climat des affaires et menace de se retirer.

Ras-le-bol. Quelques mois après la présentation du plan de relance économique presque ignorée et des échanges infructueux avec des membres du gouvernement, les membres du groupement des entreprises de Madagascar (GEM) entendent passer à une vitesse supérieure pour faire bouger les choses.

Le secteurprivé menace, en effet, de se retirer d''''une cinquantaine d''organismes internationaux ou locaux où ils sont représentés en laissant la gestion totale à l''État. L''annonce a été faite, le vendredi 20 avril 2012,&nbsp au siège du GEM à Ambohijatovo lors d''une conférence de presse.

Des représentants des partenaires techniques et financiers, mais aussi des différents secteurs comme le textile, l''automobile, le Bâtiment travaux pu¬blics, les banques étaient présents.

Cette initiative va, sans doute, avoir des&nbsp répercussions sur la bonne marche de ces organismes mais aussi sur la suspension des aides financières. « Le secteur privé est présent dans une cinquantaine d''organismes en tant que membre du conseil d''administration. Si nous nous retirons, la prise de décision ne peut se faire déclare&nbsp Noro Ramamonjiarisoa présidente du GEM.

Dégradation

Le président du syndicat des entreprises du BTP, Hary Andriantefihasina, annonce pour sa part « qu''un financement de la part d''un bailleur pourra être suspendu si le secteur privé n''est plus représenté ».

La décision de mise en œuvre de cette disposition n''est pas encore pour le moment ferme. Les opérateurs économiques entendent donner une chance au gouvernement de rectifier son tir et d''établir une politique économique pour le pays avec un calendrier bien précis. « Nous appelons à tous les acteurs politiques à instaurer la sécurité et la sérénité pour la relance économique », indique encore Noro Ramamonjiarisoa.

Cet engagement qui permettra d''avoir plus de visibilité dans la réalisation de leurs activités, qui selon la déclaration commune des groupements, s''effectue dans un environnement en déclin miné par la corruption, l''insécurité, les harcèlements fiscaux.

« Depuis les trois dernières années, nous constatons que les efforts entrepris dans l''amélioration du climat des affaires ont connu une régression. La délivrance d''actes est de plus en plus difficile, le nombre de dossiers requis augmente, les contrôles fiscaux ne respectent plus les périodicités. Des organismes publics et des sociétés d''État sont utilisés à des fins autres que leur vocation statutaire.», évoque Gil Razafintsalama, vice-président du GEM.

«L''in¬sé¬curité a frappé fort les institutions bancaires entraînant un préjudice de 1 200 000 000 ariary pour cinq opérations sans compter le traumatisme des agents », souligne de son côté Vololona Rakotondra¬lambo, présidente de l''association professionnelle des banques.

Sous production dans les industries

Selon le rapport effectué par Stéphane Raveloson, président du syndicat des industries de Madagascar, les industries présentent actuellement une capacité de production de 35 à 60%. En dehors des entreprises franches, 10 000 emplois ont été perdus. La quasi-totalité des entreprises qui ont travaillé dans le cadre de l''AGOA ont disparu entraînant une perte de 25 000 emplois directs.

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