Madagascar - Hygiène, salubrité, embouteillages : État d’urgence dans la capitale

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La ville d'Antananarivo se trouve dans un état de délabrement sans précédent, qui n'épargne pas le régime de Transition. Des maladies épidémiques sont imminentes.

Les perspectives sont sombres pour Antananarivo et ses habitants. Jamais la ville des mille n'a connu une situation aussi catastrophique qu'aujourd'hui en matière d'hygiène, de salubrité et d'assainissement. Des montagnes d'ordures dans presque tous les quartiers, des odeurs nauséabondes, tous les axes routiers dans un état de dégradation avancée, des éboulements un peu partout, des canaux d'évacuations et des réservoirs d'eaux usées comme le marais Masay, et le canal Andriatany bouchés, des marchands ambulants en pagaille, et des embouteillages monstres qui provoquent presque un blocus de la circulation. Ce sont, désormais, les scènes qui font partie du quotidien des Tananariviens. Et avec l'humidité apportée par la pluie, l'apparition d'une épidémie est une menace réelle qui peut survenir chaque jour. La capitale se trouve dans une situation d'urgence qui semble laisser dans l'indifférence totale les hautes autorités du pays.
 

« La ville d'Antananarivo est devenue méconnaissable et fait honte. Beaucoup d'enfants à l'heure actuelle, sont atteints de maladies respiratoires »,  déclare Lolona Rabeari­soa, habitant aux 67 hectares, l’un des quartiers les plus concernés par les problèmes.


Laxisme coupable


Comment les dirigeants de la Transition ont-ils pu laisser la situation dans la capitale dégénérer à ce point ? La Commune urbaine  d'Anta­na­narivo a déjà tiré la sonnette d'alarme à plusieurs reprises sur les difficultés financières qu'elle rencontre. Mais les appels lancés par les dirigeants de la commune n'ont jamais eu d’échos favorables de la part des dirigeants, qui ont pourtant assisté à la dégradation  rapide des routes qu'ils em­pruntent chaque jour pour aller travailler.


Sur le plan politique, la situation dans laquelle se trouve la ville d'Antananarivo, n'épargne pas le régime de la Transition, et l'actuel candidat au second tour de la  présidentielle, Hery Rajaonari­mampianina, ancien grand argentier, qui gérait les finances du pays. Mauvaise gestion ou volonté de punir les habitants de la capitale qui ont exprimé leur préférence au premier tour de la présidentielle, ou bien est-ce que les caisses de l'État sont réellement vides ?

Difficile de répondre à ces questions, mais, en tout cas, il n'est pas impossible que le cas d'Anta­nanarivo puisse peser sur le choix des électeurs le 20 décembre. D'ailleurs, son rival Jean Louis Robinson, a déjà soulevé ce problème à plusieurs reprises pour attirer l'attention des électeurs, et pour lancer une pique à l'endroit de son adversaire au deuxième tour.  « Est-ce que nous préférons avoir les mêmes dirigeants et continuer à vivre dans la même situation ? », a-t-il déclaré à plusieurs reprises.


Dans l'entourage de Hery Rajaonarimampianina, on  préfère plutôt se tourner vers l'avenir, et parler de ce que le can­di­dat fera s'il est élu. D'autres interlocuteurs avancent même, qu'ils pourront bientôt prendre en charge la résolution de ces problèmes, mais l'information n'est pas confirmée. En tout cas, il ne reste plus qu'une dizaine de jours avant le jour du scrutin, et il n'est pas impossible que les jeux soient déjà faits.

Mahefa Rakotomalala - L’express de Madagascar

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