Madagascar-bois précieux : Les artisans refusent des commandes

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Des artisans commencent à refuser les commandes des touristes, faute de matière première. La suspension de l’exploitation des bois précieux en est la cause.

Les artisans d''''Ambositra tirent la sonnette d''alarme. L’interdiction de coupe de bois précieux décidée par l''État commence à influer sur leurs activités. Beaucoup d''entre eux sont maintenant contraints de refuser des commandes faute de matière première qu''est le bois de palissandre. Avec l''approche de la haute saison touristique, la situation risque de se compliquer, notamment pour l''art Zafimaniry, une des fiertés de cette région et de Madagascar en général.« Un de nos membres, par exemple, n''a pas pu honorer une commande de marmite en bois de palissandre qu''un touriste français voulait absolument passer », témoigne le président de l''une des associations d''artisans locaux.

Le problème de matière première pour les artisans de la capitale de la région d''Amoron''i Mania date de plusieurs années. L’interdiction de coupe des bois précieux dont le palissandre a déjà été en vigueur depuis le régime Ravalomanana. À l''époque, une solution provisoire a été trouvée, et une partie des bois illégaux saisis par l''État a été donnée aux paysans.

Depuis l''avènement du régime de Transition, les artisans réclament à ce qu''une partie des stocks de bois de rose saisis dans la région de la Sava soit mise en valeur à Ambositra. Mais le transport coûte trop cher, rendant ainsi difficile la réalisation de ce projet. Récemment, l''acheminement d''un stock de palissandre saisi à Moramanga a également été envisagé, mais la solution se heurte également au même problème de transport.

Autre solution

Certains artisans commencent aujourd''hui à utiliser d''autres types de bois. C''est le cas des membres de l’association Fiavotana qui travaillent désormais du bois ordinaire appelé « bois blanc ». Titulaire d''un marché d''exportation vers l’Italie, l’interdiction de coupe de bois précieux a mis en danger leur gagne-pain. « Nous n''avions pas le choix et il fallait trouver une solution. Heureusement, notre client a accepté le bois ordinaire », affirme Tovo, président de l''association Fiavotana.

Les artisans d''Ambositra ne comprennent plus la vraie politique de l''État par rapport à la coupe de bois de palissandre. Car le produit est travaillé et vendu chez certains ébénistes ou marchands de meubles de la capitale sans qu''ils soient inquiétés. « Je suis étonné que les propriétaires aient des papiers en règle pour leur palissandre à Antananarivo », s''interroge le président de l''association Tafita.

Mahefa Rakotomalala

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