L?usine sucrière de demain se construit à Savannah

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Un monstre d?acier et de technologie en construction à Savannah, dans le sud de l?île. Et le pari sera tenu. Une des deux lignes de production d?énergie électrique de la centrale thermique de Savannah, innovatrice à plus d?un titre, sera opérationnelle en avril. ?Nous innovons certes. Car il y aura une bien plus grande efficience au niveau de l?utilisation de la bagasse. Il y aura une raffinerie, dont les activités ajouteront de la valeur au sucre, notamment avec la production du sucre raffiné. Nous comptons valoriser la mélasse avec l?installation d?une distillerie pour la fabrication du rhum et de l?éthanol?, explique Jacques d?Unienville, chief executive officer de la Société usinière du Sud (SUDS), promoteur de la centrale de Savannah. La distillerie sera d?une capacité de 90 000 litres d?éthanol par jour. SUDS se positionne pour devenir un exportateur de sucre raffiné pour le groupe britannique Tate & Lyle. La raffinerie pourrait être opérationnelle en 2009. Le projet concerne le raffinage de 170 000 tonnes de sucre. Ce qui représente actuellement la production annuelle de sucre roux par les sucreries de SUDS. Toute la production sera destinée à l?exportation. Entre-temps, c?est l?accent sur la valorisation de la bagasse. La centrale bagasse-charbon de Savannah sera dotée de deux unités de 45 mégawatts (Mw) chacune, et celles-ci sont les deux plus grosses unités de ce type jamais construites à ce jour. ?Elle est incontestablement une des plus importantes centrales bagasse-charbon du monde sucrier?, dit Gérard Chasteau de Balyon, chief executive de Sotramon Ltée. Ce dernier estime que cette centrale est de 50 % plus grande que celle de Belle-Vue et même trois fois plus grosse que celle d?Union St.-Aubin qui fonctionne uniquement au charbon. Investissements de Rs 7 milliards Sotramon Ltée construit la centrale avec la coopération de la société française Séchilienne ? Société industrielle pour le développement et l?énergie charbon et de la cogénération (SIDEC), leader mondial dans la conception et la construction de ce type de centrale. Le nom de ce groupe français est aussi associé à la réalisation de la majorité d?autres grosses centrales bagasse-charbon : à Maurice, à la Réunion ou à la Guadeloupe. Séchilienne-SIDEC est aussi actionnaire de la centrale. L?installation de la première ligne de production est complétée à 95 %. Les premiers essais commenceront dans quelques jours. La première ligne de production sera branchée sur le réseau du central Electricity Board (CEB) en avril. La deuxième dont les travaux sont complétés à 75 % suivra deux semaines après. L?investissement total de la SUDS dans la construction de cette centrale est estimé à Rs 4,5 milliards. Mais avec l?installation d?une troisième ligne de production, l?investissement de SUDS dans la centrale de Savannah passera à Rs 7 mds. D?une capacité de 27 Mw, cette troisième ligne de production énergétique devrait normalement être opérationnelle dans deux ans, si les discussions avec le CEB aboutissent. Ces discussions concernent principalement le prix auquel cet organisme achètera l?énergie produite par cette ligne. ?Cette centrale de cogénération qui fonctionnera en synergie avec la sucrerie dans le cadre d?un accord d?échanges, où l?usine sucrière fournit de la bagasse à la centrale. Et en retour, la centrale lui rend une part équivalente de vapeur et de l?énergie pour ses besoins et l?exportation sur le réseau national d?électricité?, explique Gérard Chasteau de Balyon. La centrale permettra aussi au CEB de répondre aux besoins sans cesse grandissants de la demande en énergie électrique et à la demande de la sucrerie dans le cadre de la centralisation. La capacité de la centrale de Savannah représente 20 % de la production totale du pays. La centrale sera dirigée par Emmanuel Borel, haut cadre de la compagnie française Séchilienne-SIDEC. Les deux chaudières ont été fournies par la société australienne Austrian Energy, l?ex- Alstom. Alors que les turbo-alternateurs ont été fabriqués par la société française General Electric- Thermodyn. Sotramon Ltée s?est aussi appuyée sur l?expertise de sa filiale française, Sotrafrance Ingénierie, qui se trouve à Lille. Le personnel de cette filiale est constitué de 26 ingénieurs, quatre techniciens et trois administratifs. ?La centrale de Savannah est un exemple de ce qui peut être réussi quand tous les partenaires, gouvernement, CEB, secteur privé et partenaires stratégiques étrangers vont dans la même direction?, estime Gérard Chasteau de Balyon. A un certain moment, un maximum de 1 300 personnes de différents corps de métier, électricité, mécanique, manutention, électronique et contrôle-commande, étaient engagées dans la construction. Cet effectif comprend 180 travailleurs indiens mais, en moyenne, quelque 800 y étaient engagés au fil des travaux qui avaient débuté en septembre 2005. ?Nous avons construit une base-vie pour les travailleurs indiens. Il y a la télévision dans les dortoirs. Il y a aussi plusieurs aménités sportives, à savoir pétanque, terrain de foot et une salle de détente sans compter la cuisine spéciale et la visite médicale?, ajoute Gérard Chasteau de Balyon. La construction de la centrale, qui se fait parallèlement à l?agrandissement de l?usine sucrière de Savannah, s?insère dans le cadre de la centralisation sucrière rendue nécessaire avec la baisse du prix du sucre acheté par l?Union européenne. Une fois agrandie, la sucrerie de Savannah broyera quelque 1,5 million de tonnes de cannes avec l?apport des cannes de Mon-Trésor et de Riche-en-Eau contre 450 000 tonnes actuellement. Ces deux usines ont fait leur dernière campagne sucrière l?an dernier et elles ne rouleront pas cette année.
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