Londres/Maputo : Bérenger accuse Ramgoolam de ne pas avoir le sens des priorités

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Le chef de l’opposition critique le Premier ministre pour son séjour d’une semaine à Londres. Il estime qu’il n’a pas « le sens de l’Etat » et qu’il ne peut utiliser les Chagos comme« prétexte » pour justifier sa présence dans la capitale britannique.


Paul Bérenger tape de nouveau sur Navin Ramgoolam suite au prolongement de son séjour dans la capitale britannique. Face à la presse le samedi 18 août 2012, aux côtés de Sir Anerood Jugnauth, le leader de l’opposition considère que le Premier ministre n’a pas le sens des priorités. Il déplore que le chef du gouvernement ait préféré rester à Londres plutôt que de se rendre à Maputo, au Mozambique, pour assister au sommet de la Southern African Development Community (SADC).

« Je salue le courage, le sens du devoir et de l’Etat de Sir Anerood Jugnauth... Le contraste est cependant frappant vis-à-vis de Navin Ramgoolam. Celui-ci est à Londres depuis une semaine alors qu’il s’y est rendu pour soi-disant aller assister au sommet de Maputo », fustige le leader du Mouvement militant mauricien (MMM). « La dernière fois, il a utilisé les Chagos comme prétexte pour assister au Jubilé de la Reine... Cette fois, il part à nos frais... Ou envie pran congé, pran... Il n’a aucun sens de l’Etat et ne connaît pas le rôle d’un Premier ministre », soutient Paul Bérenger.

« Ah bon, line al la bas akoz Chagos », a lancé, pour sa part, Sir Anerood Jugnauth en guise de plaisanterie. En fait, selon des informations en provenance du Bureau du Premier ministre, Navin Ramgoolam a des discussions avec les hommes de loi du gouvernement mauricien pour s’entretenir sur les revendications de Port-Louis sur l’archipel des Chagos. Il en aurait profité pour discuter d’un projet de loi régulant les médias avec l’avocat Geoffrey Robertson et de s’intéresser aux travaux de la Commission Leveson, qui n’auditionne plus, sur le scandale des écoutes téléphoniques par les journaux de Rupert Murdoch.


Il faut dire que les critiques sur les déplacements de Navin Ramgoolam ne sont pas nouvelles. Paul Bérenger l’a accusé de « dévaluer » la fonction de Premier ministre en juillet 2011, soit en pleine affaire MedPoint, au moment où l’ex-ministre de la Santé Maya Hanoomanjee avait été convoquée par la Commission anti-corruption.

Le chef de l’opposition avait alors soutenu que le Premier ministre, invité à Londres par l’Inner Temple, n’avait pas le sens de responsabilité, Maya Hanoomanjee étant restée en poste malgré son inculpation. C’est dans les jours suivant son retour au pays que Navin Ramgoolam avait alors remanié le Cabinet, poussant le Mouvement socialiste militant (MSM) à claquer la porte au gouvernement.

En mai 2011, Navin Ramgoolam s’est, de nouveau, attiré les foudres de Paul Bérenger pour son voyage dans les capitales britannique et française alors qu’il revenait d’un sommet, d’un jour, de la SADC à Windhoek, en Namibie. En guise de précision dans un communiqué du Conseil des ministres une semaine plus tard, Navin Ramgoolam avait révélé s’être entretenu, à Paris, avec les avocats anglais sur le dossier Chagos et discuté, à Paris, de la tenue d’un sommet de la Commission de l’océan Indien à Maurice.

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