A lire : Une singulière équipée

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Cela commence comme une partie de cache-cache totalement improvisée entre un père et son fils. Christian Némorin nous plonge directement dans l’histoire. Pour Une bien curieuse expédition, son quatrième roman publié chez Mascarenhas Editions.

Nous voilà catapultés au sein d’une gentille famille comme il en existe des milliers à Maurice. C’est l’heure du dîner. Les parents attendent leur fils pour se mettre à table. Et lui ne vient pas. Le père est bien obligé de monter le chercher, de regarder s’il est sous le lit ou dans la baignoire avant de le débusquer dans l’armoire. Il y a de quoi donner au lecteur cette saveur, ces couleurs qui lui rappellent sa propre enfance ainsi que les quatre cents coups qu’il a faits.

Avec Une bien curieuse expédition, l’auteur signe une aventure à la Club des cinq d’Enid Blyton. A la différence que dans le club de l’auteur, il n’y a qu’un seul enfant : Nik. C’est un phénomène qui est, de surcroît, attachant comme peuvent l’être les petits garçons de dix ans, maniérés et timides avec les étrangers. Il fait de son mieux pour être poli, comme lui ont appris ses parents, au point où il ne se ressert pas à table et n’accepte pas le lait et les biscuits chez les voisins.

Comme pour les héros du Club des cinq, l’aventure n’est jamais loin. Dans le cas de Nik, ses parents doivent se rendre d’urgence au chevet d’un vieil oncle en Norvège. C’est l’occasion pour Nik d’aller passer quelques jours chez son oncle à Terre de Colombe. L’allusion à Terre de Paix et la ressemblance de Valbion et Camp Krol avec des lieux existants sont fortement appuyées. Sauf que la Terre de Colombe se révèlera terrain miné.

C’est là tout l’art de Christian Némorin. De nous faire voyager entre la réalité-celle très terre à terre de Nik-et ses rêves. La description détaillée de son jeune voisin et de la manière dont il fait tout pour exhiber ses jouets dernier cri et ses chaussures toutes neuves au voisinage est simplement impayable.

L’auteur montre à chaque page son sens du détail mais révèle surtout à quel point il n’a pas oublié ce que c’est que d’être un enfant avec le recul de l’adulte. Surtout avec ce rêve récurrent d’Apollonia, pays imaginaire où seuls les enfants peuvent aller. Un pays que Nik cherchera en vain sur une mappemonde.

Une bien curieuse expédition, de la lecture pour enfants? Pas exactement. Pas quand l’auteur fait allusion à une affaire qui dépasse de loin l’univers de l’enfance, celle d’un crime crapuleux commis sur une jeune fille, dans un fourré de Valbion ou quand il aborde le thème douloureux de la maltraitance dans les foyers pour adolescents.

Aline GROËME-HARMON

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