L''Iran vers un sixième jour de manifestations et le deuil

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Les partisans de Mirhossein Moussavi s''''apprêtaient à suivre son appel et observer jeudi une journée de deuil national en hommage aux victimes des violences qui ont suivi l''élection présidentielle iranienne de vendredi.

Selon les médias officiels iraniens, sept personnes ont été tuées à Téhéran en marge d''une manifestation de l''opposition qui dénonce des irrégularités lors du scrutin ayant abouti à la réélection du président conservateur Mahmoud Ahmadinejad.

Le mouvement de protestation, sans précédent en Iran depuis la révolution islamique de 1979, devait se poursuivre jeudi. Dans un message publié sur son site internet, Moussavi a appelé ses partisans à manifester pacifiquement ou àase réunir dans les mosquées.

"Au cours des derniers jours et en conséquence de la répression violente et illégale des (manifestations) contre le résultat de l''élection présidentielle, plusieurs de nos compatriotes ont été blessés ou sont morts en martyrs", a écrit Moussavi.

"Je demande aux gens d''exprimer leur solidarité avec les familles (...) en se réunissant dans les mosquées ou en participant à des manifestations pacifiques", a-t-il ajouté.

La réélection de Mahmoud Ahmadinejad dès le premier tour avec 63% des voix, contre 34% à Moussavi, a provoqué un mouvement d''une ampleur sans égale depuis trente ans en Iran.

Les manifestations ont été émaillées quotidiennement d''affrontements entre les partisans de Moussavi, et la police anti-émeutes et les miliciens islamiques bassidji.

Les autorités ont nié toute irrégularité durant l''élection dont l''issue a mis en relief les tensions dans les arcanes du pouvoir politique et religieux. Le Conseil des gardiens, organe législatif suprême, a accepté mardi un nouveau décompte partiel des suffrages mais exclu d''annuler l''élection.

Moussavi et Khatami unis

Malgré les appels à l''unité nationale du guide suprême de la révolution, l''ayatollah Ali Khamenei, le camp réformateur n''a cessé de se mobiliser depuis vendredi et d''occuper les rues.

Des dizaines de milliers de personnes ont envahi mercredi le centre de Téhéran, pour la cinquième journée consécutive.
Des manifestations ont également eu lieu Isfahan, Rasht, Orumiyeh, Zanjan ou Zahedan. Selon l''agence Isna, 88 personnes ont été arrêtées à Mashhad, ville conservatrice du nord-est du pays, et jusqu''à 60 à Tabriz, dans le Nord-Ouest.

Des dignitaires religieux réformateurs ont demandé l''autorisation d''organiser un rassemblement samedi dans la capitale. Mirhossein Moussavi et Mohammad Khatami, prédécesseur d''Ahmadinejad à la présidence, devraient y participer, selon le site du candidat.

Lundi, la tournure violente des événements avait conduit Moussavi à demander à ses partisans de ne pas manifester, mais des rassemblements s''étaient tenus en plusieurs lieux, notamment devant le siège de la télévision publique.

Dans un courrier adressé au conseil de la sécurité nationale, l''ancien Premier ministre a déploré que des agents en civils armés de matraques, de barres de fer voire d''armes à feu ait "attaqué les lignes de participants pacifiques avant l''arrivée des forces de l''ordre".

Il a condamné les arrestations de plusieurs de ses alliés. Des dizaines de responsables seraient détenus depuis vendredi, dont plusieurs figures du camp réformateur.

Les violences, la répression et l''interdiction opposée aux journalistes des médias étrangers de quitter leur bureau sont observée très attentivement par la communauté internationale, déjà inquiète des ambitions nucléaires iraniennes.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a convoqué mercredi l''ambassadeur de Suisse, qui représente les intérêts américains, pour lui faire grief des ingérences de Washington.

Le porte-parole de la Maison blanche a affirmé que Barack Obama n''entendait pas "se mêler" au débat intérieur mais continuerait à défendre le droit des Iraniens à manifester pacifiquement.

A Paris, le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a souligné que le président Nicolas Sarkozy était "très préoccupé par la dégradation de la situation". La France, a-t-il ajouté, dispose d''informations sur des résultats "pour le moins surprenants".&nbsp

Pour info, les journalistes de Reuters et des autres médias étrangers sont soumis à des restrictions imposées par les autorités iraniennes sur leurs conditions de travail.

(Source : Reuters)

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