Lindsey Collen, du parti Lalit, réactualise la demande de démilitarisation de Diégo Garcia

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Lindsey Collen, du parti Lalit, propose une mobilisation pour réclamer la démilitarisation de Diégo Garcia. Cette stratégie dit-elle permettra de&nbsp faire avancer le combat des Chagossiens qui veulent retourner vivre dans leur pays.

Le forum-débat intitulé : «The Chagos issue and fundamental human rights» organisé par la branche locale d’Amnesty International, le 9 février à la Mairie de Port-Louis, a été l’occasion pour les partis politiques, les associations de Chagossiens et des Organisations non-gouvernementales de préciser leur position sur ce dossier.

Le ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration Régionale et du Commerce International, Arvind Boolell, le leader de l’opposition, Paul Bérenger, Olivier Bancoult, porte-parole du Groupe Réfugiés Chagos et Fernand Mandarin, du Groupe Comité Social Chagossien participaient au débat.

Lindsey Collen, militante du parti Lalit a remis sur le tapis la question de la démilitarisation de Diégo Garcia. Elle propose de que les militants pour le retour de Diégo Garcia à Maurice, s’attaquent à la raison pour laquelle les Anglais et les Américains ont détaché l’archipel du territoire mauricien.

La militante inscrit sa demande dans une démarche de démilitarisation de l’océan Indien. Lindsey Collen propose de prendre le problème par l’axe de démilitarisation de Diego Garcia qui s’inscrit dans le cadre plus large d’un combat pour la démilitarisation globale de la planète. «Il n’y aucune raison qui permette à&nbsp un pays d’établir, de force, une base militaire sur une terre étrangère», avance Lindsey Collen.

La militante de Lalit invite tous les Mauriciens, les Chagossiens au combat aux cotés de la communauté internationale. «Nous devons mobiliser les Mauriciens et les Chagossiens pour qu’ils prennent position contre cette base militaire. Et, nous avons besoin d’alliés pour faire basculer la balance en notre faveur à la Cour Internationale de La Haye», déclare-t-elle.

En fait, Lindsey Collen réactualise une position qui a été celle des organisations de gauche, dont le Mouvement militant mauricien (MMM) dans les années 70. Par la suite, le MMM a nuancé sa position pour ne plus remettre en question l’existence de la base militaire américaine à Diégo Garcia, tout en continuant, toutefois, à réclamer la souveraineté de&nbsp Maurice sur l’archipel.

Prenant la parole, le leader de l’opposition, Paul Bérenger a précisé que la position du MMM n’a pas changé depuis plus de 10 années. Selon le leader des Mauves, son parti avait décidé de procéder par étape. La stratégie, dit-il, commençait à faire son chemin lorsque les hauts responsables Américains et Anglais reconnaissaient l’injustice et encourageaient les Chagossiens à aller de l’avant. «Nous avons fait un pas en avant, dans la bonne direction en 1995. Nous avons revendiqué la souveraineté Mauricienne sur toutes les îles de l’archipel tout en disant ‘we agree to disagree’ en ce qu’il s’agit de Diego Garcia. Nous savons très bien qu’il va falloir se battre, avec autant d’énergie, pour récupérer Diego. Nous ne réussirons qu’en procédant par étape», affirme Paul Bérenger.

Par ailleurs, il a également évoqué la nécessité de porter l’affaire devant la Cour Pénale Internationale. «Cette instance entend les procès des les criminels de guerre et juge ceux accusés de crimes contre l’humanité. Il va falloir y trainer le gouvernement britannique», propose avec virulence le leader de l’opposition.&nbsp Paul Bérenger a évoqué le cas du Kenya où les autorités britanniques ont même essayé d’étouffer la vérité en modifiant l’histoire.

Dans son intervention le ministre des Affaires Etrangères, Arvind Boolell déclare que la Grande-Bretagne est en train de perdre la bataille psychologique en ce qui concerne l’aménagement d’un parc marin aux Chagos. «Lorsqu’on voit la réaction des Anglais par rapport à ce dossier, tout porte à croire qu’ils sont déstabilisés», affirme le ministre.

«Nous voulons consolider notre position et alerter l’opinion Internationale sur le problème des Chagossiens», annonce le ministre des Affaires Etrangères. Ce dernier n’a pas manqué de dénoncer la décision britannique de procéder unilatéralement à la création d’un parc marin aux Chagos. Il qualifie cet acte de violation des résolutions internationales des Droits de l’Homme.

Olivier Bancoult, le président du Groupe Réfugiés Chagos, a, pour sa part, mis en perspective les différents obstacles franchis par le groupe pour arriver à la cour Internationale de La Haye. «Nous avons eu raison d’insister malgré les réticences et découragements des uns et des autres. Que se serait-il passé si nous n’avions pas persévéré ?» S’interroge Olivier Bancoult. Selon lui, il ne faut jamais baisser les bras même si le combat est long et éprouvant.

Fernand Mandarin, du Groupe Comité Social Chagossien a rappelé l’importance de l’histoire et des origines du peuplement des Chagossiens. «Il est important de connaître cette histoire pour savoir d’où nous venons et qui nous sommes.

Contrairement à ce qu’ont voulu faire croire certains, nous n’avions jamais été des travailleurs engagés», a précisé Fernand Mandarin.

Lindley Couronne, le directeur de la branche mauricienne d’Amnesty International a, quant à lui, rappelé les efforts que fait son mouvement pour alerter l’opinion publique, que se soit au niveau local ou international sur le dossier Chagos.&nbsp

L’organisation appelle à la prudence quant à l’éventuelle fermeture du centre pénitencier de Guantanamo qui abrite des terroristes et des personnes jugées dangereuses par les Etats-Unis. «Diego Garcia ne doit pas devenir un nouveau Guantanamo, même s’il est classé parmi les ‘Black Sites’ de la CIA», affirme Lindley Couronne.

Il demandera à son organisation d’initier une enquête sur l’île de Diego Garcia puisqu’il y soupçonne des exactions commises par les Américains. Le porte-parole d’Amnesty International appelle à la solidarité en disant qu’un peuple uni ne connait pas de défaite.

Dans l’ensemble les opinions convergent tous vers la restitution des îles de l’archipel à la souveraineté mauricienne. Le projet de parc marin, proposé par les Britanniques devraient, selon tous les intervenants, être mis en œuvre et géré par les Mauriciens avec la collaboration des Chagossiens.

Les nuances ou désaccords, surviennent sur la stratégie à adopter. Entre la méthode diplomatique et l’appel à la mobilisation de tout un peuple en passant par la revendication jusque devant la cour Criminelle Internationale, les autorités devront trancher.

Le ministre des Affaires Etrangères, Arvind Boolell et le leader de l’opposition, Paul Bérenger, s’accorde à dire que les négociations doivent être tripartites avec les Chagossiens assis à la même table aux côtés des Mauriciens et des Américains.

Le groupe réfugiés Chagos continue, pour sa part, son combat en cour Internationale de La Haye. A Maurice, les politiciens sont appelés à faire front commun pour que l’archipel soit rattaché au territoire mauricien.

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