Lindsay Morvan: «Une minorité privilégie les opportunités immédiates au détriment du parti»

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L’ex porte-parole du Parti mauricien social démocrate (PMSD) revient sur sa démission du parti. Il analyse également la situation dans la basse-cour bleue et fustige ceux qui privilégient leur intérêt personnel et immédiat.

Comment vous sentez-vous&nbspà présent que vous êtes libéré de toute responsabilité politique ?

Je ne peux pas dire que cette situation m''enchante. Car désormais je ne suis plus dans cette aventure que j’ai commencé avec le PMXD et le PMSD ensuite. J’avais pris un congé politique parce que j’estimais qu’il y avait au sein du parti, un minimum de décorum et de respect à démontrer envers les gens. Il y a beaucoup de choses, de principes qui m’avaient attiré. Des principes que je partageais avec le PMSD et Xavier Duval en particulier.

Mais qu’est-ce qui vous a poussé vers la porte de sortie?

En tant que porte-parole, je me suis retrouvé dans l’obligation de faire pas mal de choses. Je prends comme exemple la position sur le Best Loser System. Je suis contre le BLS et au départ Xavier Duval l’était aussi. Mais par la suite, sous l’influence de certaines personnes et pour des raisons bassement politiciennes, Xavier a fait un virage à 180 degrés et en tant que porte-parole j’ai dû défendre cette position. Chose que j’ai faite sans conviction mais que j’ai mis sur le compte des épreuves auxquelles un politicien doit faire face. Cela m’a vraiment dérangé. Mais en réalité il y a plusieurs choses qui ont débouché sur cette décision. Il y a un maximum de choses qui peut être digéré. Ce qui m’est arrivé est en bien des points similaires à ce qui arrive à Michael Sik Yuen.


Y a-t-il d’autres mécontents au PMSD ?

Il y a d’autres membres du parti qui ont pris un congé politique mais ils ont choisi de le faire dans la discrétion et je ne peux pas parler en leur nom. Moi aussi j’avais choisi la discrétion. Mais je n’ai pas pu m’empêcher de commenter l’affaire Sik Yuen.

Nous comprenons que le feu couve depuis plusieurs semaines. Mais qu’est-ce qui a amené le PMSD dans une telle situation ?

Selon mon analyse personnelle, quelques disfonctionnements sont le résultat de la réunification du PMSD. Certains aspects qui n’avaient pas été bien définis au départ. Deuxièmement, lorsque Xavier Duval est devenu ministre des Finances certains voyaient cela comme une opportunité pour une consolidation du parti sur le long terme. Mais il y avait aussi une minorité qui malheureusement a beaucoup d’influence et qui a opté pour les possibilités d’opportunités immédiates plutôt que l’avenir du parti. Xavier Duval est très bosseur mais il a décidé, à ce moment, de se consacrer davantage à son ministère et à sa circonscription. La gestion du parti a été laissée à d’autres personnes. Ce qui fait que la prise de décision se faisait un peu à tous les niveaux. Et Xavier a tendance à donner la priorité à ses proches qui n’ont pas forcément des responsabilités politiques. Et cela au détriment du parti.

Quand vous dites qu’un bureau politique ne peut pas décider du fonctionnement d’un ministère, est-ce que vous dénoncez une mainmise du PMSD sur les institutions ?

Exact. D’ailleurs, j’ai été étonné d’apprendre que Xavier Duval a proposé à Michael Sik Yuen de réintégrer Robert Desvaux ou alors de step down. N’importe qui, qui a un minimum de dignité n’aurait pas accepté cette proposition. Le PMSD s’égare complètement en ce qu’il s’agit de ses principes fondamentaux sur le fonctionnement des institutions. Je pense que certaines personnes oublient ce principe d’indépendance. Je me souviens que dans le passé, Xavier Duval avait lui-même refusé d’intervenir sur la base de ce principe.

Xavier Duval réclame la démission de Michael Sik Yuen. Le Premier ministre affirme que ceux qui pensent que cela arrivera sont des wishful thinkers…

Je ne veux pas commenter leur relation. D’ailleurs, entre eux ils se sont déjà passé des remarques désobligeantes. Je ne souhaite pas entrer dedans. Par contre, je maintiens que Michael Sik Yuen doit pouvoir gérer son ministère en toute liberté. Même si c’est le parti qui a proposé Michael Sik Yuen, ce dernier est d’abord redevable envers le conseil des ministres, à ses mandants et à la population.

Selon vous, qu’adviendra-t-il du PMSD ?

Je ne peux pas répondre à cette question. A cet instant, ce qu’il adviendra du PMSD ne m’intéresse pas.

Est-ce que cette démission sonne la fin de votre carrière politique ?

Mon premier engagement politique date de 2005 avec le PMXD. J’ai participé à la campagne de 2010 pour ce gouvernement. Et je soutiens toujours l’action de ce gouvernement. Cette année, cela fera 20 vingt ans depuis que je me suis engagé dans le social. Je dois avouer que l’action politique m’a donné beaucoup de satisfaction mais c’est le travail social qui m’a rapporté le plus de satisfaction. Je ne sais pas si la politique va me manquer mais le social me manque énormément. L’avenir nous dira si je referai de la politique. Mais pour le moment je prends mes distances avec la politique.

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propos recueillis par Jean-Yves Chavrimootoo

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