Les fonctionnaires malgaches durcissent le ton

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La manifestation des agents de l'État continue pour faire pression au gouvernement de signer le décret d'alignement des grilles indiciaires. Ils menacent même de faire une grève généralisée en cas de refus.

L'ambiance était tendue hier, dans le local du ministère de la Fonc­tion publique aux 67ha, durant le sit-in effectué par la confédération du syndicat des agents de l'État. Par précaution, tous les portails du ministère ont été fermés pour éviter toute tentative de manifestation violente. Tabera Randriamanantsoa, ministre de la Fonction publique, a même dû s'excuser de son retard pour assister au conseil des ministres à Iavoloha à cause de cette manifestation.



« Les membres de la confédération du syndicat des agents de l'État ont obligé Tabera Randriamanantsoa à assister à la réunion durant quelques minutes, pour lui exposer l'objet des revendications des fonctionnaires. Il nous a alors promis, avant son départ pour Iavoloha, de tout rapporter auprès du président de la Transition, Andry Rajoelina, et des membres du gouvernement », a expliqué Simon Richard Rakoton­drainibe, président de la confédération.


Conviction
Cette confédération semble ainsi prête à tout pour que le gouvernement signe le décret d'alignement des grilles indiciaires des fonctionnaires. « Les agents de l'État détiennent la clé de tous les ministères. Aucun directeur ne peut à la fois faire la saisie de textes et les signer, ainsi qu'assister à une réunion de staff. Aussi, l'État doit signer ce décret », a ajouté Paul Bean­jara, vice-président de la confédération du syndicat des agents de l'État.



Simon Richard Rakoton­drainibe a ensuite tempéré le discours. « La Transition a pour objet de rectifier les erreurs commises auparavant. C'est au tour du président élu durant la quatrième République d'appliquer la décision prise », a souligné le président de la confédération. Les agents de l'État venus nombreux aux 67ha sont convaincus de la nécessité de cet alignement des grilles indiciaires. « C'est injuste de savoir qu'un agent de police, qui a un diplôme de BEPC, gagne plus qu'un enseignant ayant le même diplôme, mais qui enseigne dans une école primaire publique (EPP). Nous ne critiquons pas les agents de police, mais l'État devrait mettre tous ses agents sur le même pied d'égalité », a relaté Julie Andrianaivoson, enseignante dans une EPP de la capitale. Beanjara Paul a ensuite conclu que cette revendication est sur le point du non-retour, quelle que soit la couleur de la réponse de l'État.

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