Les dirigeants de la communauté musulmane contre l’élimination du Best Loser System

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Des politiciens de la communauté musulmane, tous bords politiques confondus, actifs ou en retraite, se sont retrouvés sur la même plateforme pour défendre le Best Loser System. Yousouf Mohamed a demandé à l’auditoire de ne pas trahir la mémoire de son père alors que Shakeel Mohamed s’est fait huer en voulant expliquer la position de son leader Navin Ramgoolam.&nbsp

Rassemblement réussi pour le Muslim Youth Federation qui a créé la Plateforme Best Loser en vue de se dresser en rempart contre la tentative d’élimination du Best Loser System (BLS). Les élus du gouvernement comme ceux de l’opposition ainsi que des chefs religieux de la communauté musulmane ont pris fait et cause en faveur du maintien du BLS.

Ils ont expliqué qu’il existe une crainte de sous représentativité de leur communauté au Parlement en cas d’abolition du BLS. Ce système est une garantie d’avoir « une Assemblée nationale multiraciale », ont-ils rappelé.

A l’exception de Shakeel Mohamed tous ont pris clairement position contre l’élimination du BLS. Ce rassemblement a été également l’occasion pour les politiciens des différents partis de se lancer des attaques personnelles contre leurs adversaires.

Yousouf Mohamed qui a pris la parole en premier, a axé son intervention sur l’engagement personnel de son père, feu Sir Abdool Razack Mohamed, en faveur du BLS. Il affirme que l’élimination de ce système serait une trahison envers le combat de l’ancien leader du Comité d’action musulmane (CAM). « Son cadavre se retournera dans sa tombe si cela arrivait », s’insurge Yousouf Mohamed.

Il a demandé à la communauté musulmane de rester unie pour permettre la conservation de ce qu’il a qualifié d’acquis pour les minorités ethniques.

Yousouf Mohamed s’est lancé en premier dans les attaques personnelles en s’en prenant sans retenu au président de la République qui estime-t-il est l’exemple même du leader politique qui pourrait mettre en danger la garantie d’une bonne représentativité des minorités au Parlement.&nbsp « J’espère qu’il ne fera pas son retour sur la scène politique parce que je n’hésiterai pas à le combattre », a-t-il martelé.

Il s’en est ensuite pris aux dirigeants des partis de gauche qui milite en faveur d’une décommunalisation de notre système politique et électoral. Il soutient que le gouvernement n’a pas à écouter les Ashok Subron, Linsey Collen et autre Ram Seegobin pour décider de la marche à suivre. Pour finir il a mis en garde la communauté musulmane contre toute tentative d’abolir ne serait-ce que la déclaration d’appartenance ethnique obligatoire pour tout candidat à la députation. « Ce serait le début de la fin l’heure est grave et vous devez rester sur vos gardes », a-t-il conclu.

Shakeel Mohamed qui a été le dernier politicien à prendre la parole avant de laisser la place aux chefs religieux a accusé Ashok Subron et « ses camarades du Blok 104 » d’être à l’origine de ce problème. Il a prévenu que le procès pourrait être appelé, à nouveau, en cour et que le risque qu’un jugement contre BLS soit rendu est bien réel.

C’est quand il a voulu expliquer la position de Navin Ramgoolam que les choses se sont envenimées. Déjà certaines personnes dans l’assistance avait commencé à murmurer des protestations quand il s’est lancé dans une virulente attaque contre Cassam Uteem qui dit-il avait trahi Sir Abdool Mohamed. Il s’est étonné qu’aujourd’hui ce même Cassam Uteem et son fils Reza Uteem fassent l’éloge de son grand-père.

Il a poursuivi son intervention en essayant de donner des explications sur la position de son leader, Navin Ramgoolam tout en affirmant qu’aucune décision n’avait été à ce jour. Il a voulu faire comprendre qu’il serait possible qu’avec la réforme électorale et l’abandon du BLS, de faire élire davantage de députés musulmans que la dizaine d’élus qui se retrouvent à l’Assemblée nationale après chaque élection.

L’assistance n’entendant pas les choses de cette oreille, réclame alors des comptes à Shakeel Mohamed. « Assez de ces attaques personnelles. Parle uniquement du BLS », « ce n’est pas ce que dit Navin Ramgoolam » lui ont lancé ses plus virulents détracteurs.

L’ancien député Anwar Husnoo, qui présidait le rassemblement a eu beaucoup de mal pour ramener le calme. Il a fallu l’intervention des chefs religieux présents pour que Shakeel Mohamed puissent reprendre la parole.

Il faut dire que Reza Uteem ne s’est pas non plus privé de s’en prendre à ses adversaires politiques en ciblant plus particulièrement Navin Ramgoolam. « Un seul politicien a parlé de l’élimination du BLS. C’est Navin Ramgoolam», a déclaré le député mauve de la circonscription No. 2 (Port-Louis Sud/Port-Louis centre) alors qu’il vient de prendre la parole. Il a repris son plaidoyer en faveur du BLS avant d’expliquer la proposition de réforme électorale du Mouvement militant mauricien (MMM). Il a mis l’emphase sur le fait que le MMM et son leader Paul Bérenger sont en faveur du maintien du BLS.

Le président du Mouvement socialiste militant (MSM) a, lui, donné la garantie que son parti se dressera contre toute tentative de se débarrasser du BLS. « Au MSM, nous sommes pour l’amélioration du système mais totalement contre son retrait », déclare le président du parti Soleil.

Le leader du FSM, Cehl Meea a su utiliser cette plateforme pour régler ses comptes avec les deux principaux leaders politiques, en l’occurrence Navin Ramgoolam et Paul Bérenger. Il a souligné que les deux ont proposé la fin du BLS.&nbsp « Le premier tout de suite et le second à petit feu », a souligné Cehl Meea.

Cehl Meea soupçonne ces deux leaders de préparer une réforme électorale qui serait favorable à leurs deux partis. Il allègue aussi qu’au-delà d’une révision de notre système électoral, Paul Bérenger et Navin Ramgoolam sont en train de discuter de la meilleure formule pour un partage de pouvoir entre eux.

La dernière partie de la réunion a été animée par les trois chefs religieux les plus populaires de la région, en l’occurrence le Maulana Aref Bahemia, le Maulana Luckleea et le Maulana Haroon. Tous se sont prononcés en faveur du maintien du BLS faute d’un autre système qui garantirait un nombre minimal de députés musulmans au parlement.

Le Maulana Haroon s’est prononcé en faveur de la réforme électorale et de l’introduction d’une dose de proportionnelle. Il a prévenu les politiciens de ne pas mettre un éventuel échec du projet de réforme sur le dos de la communauté musulmane. Pour lui, ce problème a été créé de toutes pièces par Navin Ramgoolam qui ne veut pas aller de l’avant avec la réforme électorale. Le Maulana Haroon considère que le chef du gouvernement s’est ainsi offert une porte de sortie en se débarrassant de la responsabilité d’un éventuel échec.

Sidick Chady, Reza Issack et l’ancien vice-président de la République ont également pris la parole au cours de cette réunion publique. Tous ont pris position contre l’élimination du BLS.

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