Les dessous d?un clip porno collégien

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Ce qui n?était qu?un jeu ? interdit certes ? entre amis est aujourd?hui le talk of the town. Un clip mettant en scène les ébats entre quatre garçons et une mineure de 15 ans, tournés grâce à un téléphone portable 3G en août dernier, se propage à vitesse grand V à travers le pays, et principalement dans les collèges. C?est le craze du moment qu?adultes et jeunes s?envoient par MMS (service de messagerie multimédia), sur internet et qui se vend même sous la table jusqu?à Rs 1 200 le CD? piraté bien évidemment. Pourtant, ces séquences réalisées l?an dernier n?avaient, a priori, aucune visée commerciale, a soutenu cette semaine l?interprète principale, aujourd?hui âgée de seize ans, dans des dépositions à la police. Étudiante en Lower VI dans un collège d?État réputé des Plaines-Wilhems, cette dernière est connue pour être une élève modèle, « assidue et studieuse », selon ses enseignants. Ayant réussi ses examens de la Form V avec brio, ses enseignants voient en elle une éventuelle lauréate. Tant du côté de la direction du collège que les autorités, l?on ne veut pas que « cette erreur de jeunesse » vienne chambouler son avenir prometteur. Tout avait été fait, depuis que l?existence du clip est connue, pour ne pas ébruiter l?affaire dans les médias. Mais voilà, tout a éclaté au grand jour il y a plus de deux semaines. Le responsable de l?établissement que fréquente l?adolescente est alors informé de la diffusion, sur les téléphones portables de ses élèves, d?un clip porno dont l?une des élèves de l?établissement est l?actrice principale. Ayant, de visu, confirmé la présence de la collégienne sur le clip, le ministère de l?Éducation est mis au parfum. À son tour, celui-ci a informé les parents, la Parent-Teacher Association (PTA) et l?Ombudsperson for Children qui a alerté la police, explique le ministre de l?Éducation Dharam Gokhool. L?enquête ouverte a été placée sous la supervision du Deputy Commissioner of police Rampersad Sooroojbally et de Tangavel Seerunghen, patron de l?Adsu ? en sa qualité d?ancien responsable de la Western Division ? et du Central CID. Le tout suivi de près par le ministre de la Justice, Rama Valayden. Un lien érotique se tisse Au niveau du collège, même si ces séquences torrides causent bien plus de désagréments aux autres élèves taquinées dans la rue, on explique qu?il n?y a pas lieu d?expulser l?interprète. « La scène ne s?est pas passée durant les heures de classe », confie un cadre de son établissement. « Au collège, cette élève se démarque par son attitude je-m?en-foutiste. Elle dit à qui veut l?entendre que sa famille a de l?argent et qu?elle peut changer d?école ou de pays. Comme elle cause beaucoup de tort à l?image des autres élèves, il se peut bien qu?elle change d?établissement », commente une source qui suit son dossier de près. Au fond, explique notre interlocuteur, l?affaire n?aurait jamais atteint la place publique si les enregistrements de cette partie de jambes en l?air étaient restés entre la bande d?amis acteurs et spectateurs. Ils ont été placés jusque sur un site web ? qui a été retiré depuis que l?affaire a éclaté ? et ont fait leur chemin jusqu?aux étudiants mauriciens à Londres. Lesquels, les ont refilées à leurs proches à Maurice. Les scènes en question auraient été tournées dans un campement à Trou-aux-Biches assurent les uns, voire à Trèfles assurent d?autres, chez le principal partenaire de la collégienne. Ils sortaient apparemment ensemble, s?étant connus alors qu?il fréquentait un collège de Beau-Bassin. Les rencontres se sont succédé dans une maison de jeux vidéo à Rose-Hill. Le garçon, âgé d?environ 19 ans, est alors souvent en compagnie de trois de ses amis. Au fil des rencontres, un lien érotique se tisse entre le quatuor mâle et la fille. Les garçons parviennent à convaincre la collégienne de se livrer à un jeu : filmer leurs ébats avec un téléphone portable. Le portable fixe toutes les positions L?alcool aidant, les inhibitions et les vêtements tombent. La jeune fille se laisse faire, adorant même s?exhiber devant ses partenaires. Ils sont après tout en comité restreint. Le « petit ami » emmène ses copains assister à ses ébats. Le téléphone portable fixe toutes les positions dans le moindre détail. Sur plusieurs des images qui font le tour du pays, la collégienne sourit, soupire et a l?air de bien s?amuser. Les plans changent selon les partenaires? La bande ne sait pas encore que la partie de plaisir prendra une autre tournure sept mois après. C?est l?un des garçons qui a sans doute transmis les séquences à des amis qui, à leur tour, ont fait circuler ces images, assure un enquêteur. Celui qui aurait diffusé le clip aurait aussi eu l?idée de graver les images sur CD, sans doute pour se faire un peu d?argent. Long de plusieurs dizaines de minutes, le CD en question se vendait à peu près à Rs 1 000 au départ. Les prix ont pris l?ascenseur depuis que le scandale a éclaté. Bien que l?étudiante ait été interrogée, la police n?a retenu aucune accusation contre elle. Elle assume le fait de s?être livrée à des jeux sexuels, de s?être laissé filmer, mais souligne qu?à aucun moment elle ne prévoyait que les images feraient le tour de l?île. En fin de semaine, elle a été examinée jeudi par le médecin en chef de la police Satish Boolell et elle a aussi livré les noms de ses quatre « amis ». Une objection to departure pèse contre son « petit ami » devenu entre-temps téléopérateur dans un call centre de Rose-Hill. Mais il était toujours introuvable à la fin de la semaine. Les compères risquent d?être poursuivis sous une accusation de relations sexuelles avec une mineure. L?enquête menée par les hommes de l?ASP Yusouf Soopun de la CID de Rose-Hill sera sans doute transmise à l?IT Unit de la police. De là, une accusation de diffusion et de possession d?images à caractère pornographique mettant en scène une mineure sous le Computer Misuse et Cybercrime Act de 2003 est envisagée. Alors que les autorités veulent une absolue discrétion sur cette affaire, le nom de la jeune fille est sur toutes les lèvres car elle figure sur un des clips qui circulent.
Deux psychologues pour comprendre Le ministère de l?Éducation, ainsi que le bureau de l?Ombudsperson for Children ont chacun mis un psychologue à la disposition de l?adolescente. « On a mis en place un système de counselling pour la collégienne et ses parents afin qu?elle puisse continuer ses études », confie le ministre Dharam Gokhool. Outre l?enquête policière, les autorités cherchent également à comprendre ce qui a poussé la jeune fille à agir ainsi à son âge. Dharam Gokhool saisit l?occasion pour rappeler aux parents d?avoir un ?il sur les activités de leurs enfants et de privilégier une ligne de communication avec eux.
Un « blog » sulfureux en Chine Le CD à Rs 1 200 n?est rien à côté de l?émoi suscité en 2003 par Mu Zimei, 26 ans, une journaliste cantonaise qui avait choisi de coucher ses nombreuses aventures sexuelles sur son blog. Celui-ci a battu les records de fréquentation dans la Chine communiste et puritaine. Le site www.blogcn.com est même devenu inaccessible à un certain moment en raison du nombre de connexions. La jeune femme est devenue phénomène de société et a suscité des débats passionnants dans la presse comme à la télé des mois durant. Comme quoi?
Piégé en 3G La 3G symbolise la troisième génération de la téléphonie mobile. Elle assure une vitesse de connexion supérieure de 384 kilobytes par seconde, permet de voir son correspondant même s?il se trouve à l?étranger, et de faire des transferts de données à travers le système Bluetooth. Mais la technologie a un prix. Le prix d?un de ces petits bijoux commence à Rs 15 000. On peut l?utiliser pour prendre des photos et faire des courts métrages. Avertissement : à ne pas utiliser dans des positions compromettantes car on ne sait jamais dans quelles mains peuvent tomber les images? En Europe, la technologie 3G a de bons côtés. Depuis peu, il existe des concours de courts métrages sur portable. Orange, opérateur mobile de France Telecom, a dévoilé le palmarès du premier concours de ce type, qui a attiré 600 participants, au Festival de Cannes l?an dernier.
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