Les démocraties ferment les yeux sur les violations des droits de l''homme, dénonce HRW

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Les démocraties ferment les yeux sur les abus commis par les régimes répressifs de la planète, préférant l''''amélioration des relations à la pression pour que les choses changent, estime l''ONG de défense des droits de l''homme Human Rights Watch dans son bilan annuel rendu public ce lundi.

"Le dialogue et la coopération ont leur place, mais il revient&nbsp au gouvernement auteur d''abus de montrer une réelle volonté d''amélioration", estime Kenneth Roth, directeur exécutif de l''ONG dans un communiqué de présentation de ce rapport de plus de 600 pages. "En l''absence de volonté politique de changement affichée de la part des gouvernements auteurs d''abus, les gouvernements de bonne volonté devront faire pression pour que cesse la répression", écrit-il.

Mais, note le rapport, nombre de démocraties ou d''organisations renoncent à la pression politique, acceptant en revanche la logique des gouvernements autoritaires.

HRW critique donc à cet effet le secrétaire général de l''ONU Ban Ki-moon et la responsable de la politique étrangère de l''Union européenne, Catherine Ashton.

Le rapport s''émeut notamment de voir "le recours au dialogue et à la coopération au lieu du recours à la pression" pratiqué par l''ONU, citant l''exemple de "la déférence envers les atrocités de la guerre au Sri-Lanka".

Déclin de l’autorité moral des Occidentaux

Le président américain Barack Obama est également montré du doigt, HRW estimant que "sa célèbre éloquence (...) lui fait parfois défaut lorsqu''il s''agit de défendre les droits de l''homme". Et ce particulièrement lors des contacts avec des pays importants pour les intérêts américains, Chine, Inde, Indonésie, Egypte et Bahreïn, selon HRW.

Et de dénoncer en outre le fait que l''administration Obama n''a toujours pas lancé de poursuites ni établi de commission d''enquête sur les pratiques du gouvernement américain précédent en matière "d''approbation de techniques d''interrogatoire illégales utilisant la torture et les mauvais traitements".

Concernant l''Europe, HRW s''en prend également à la discrimination institutionnalisée et à "l''augmentation de l''intolérance contre les migrants, les musulmans, les Roms et d''autres". L''UE et ses Etats-membres "doivent faire preuve d''un plus grand engagement politique pour garantir que le respect des droits de l''homme chez soi est en harmonie avec le discours de l''UE en dehors".

L''ONG salue en revanche le Comité norvégien des Nobel pour avoir remis son prix Nobel de la paix au dissident chinois emprisonné Liu Xiaobo, sans se laisser démonter par la colère de Pékin.

Selon Human Rights Watch, cette volonté générale de plus en plus faible de dénoncer les violations est à lier à la modification dans l''équilibre des pouvoirs dans le monde, et au déclin de l''autorité morale des gouvernements occidentaux: "leur recours en toute impunité à des techniques abusives de lutte anti-terroriste a rendu nombre de gouvernement moins désireux de s''élever fermement en faveur des droits de l''homme".

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