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Les 2es JIOI coûteront Rs 50 m

25 novembre 2007, 20:00

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Les plus nobles ambitions ne sont jamais de trop lorsqu?une nation, digne de ce nom, se prépare aux prochains Jeux des îles. Qu?elle soit pays hôte ou pays invité, elle doit se faire un point d?honneur de viser la médaille d?or de l?excellence dans tous les domaines possibles, pas forcément sportifs. Il n?en a pas toujours été le cas. Le sport n?est guère apprécié dans plusieurs milieux socioculturels. S?il a connu, jadis, ses heures de gloire et même de démocratisation, l?on ne peut guère dire que l?île Maurice sportive de 2007 soit dans une forme éblouissante. Les quelques sportifs à pouvoir faire illusion au niveau, sinon international, du moins continental, ne sont que les arbres qui cachent une forêt de léthargie. L?on accepte, sans honte aucune, la supériorité seychelloise, mahoraise et même rodriguaise sur les sélections mauriciennes dans plusieurs disciplines et non des moindres.

Cela fait plus d?un demi-siècle que le collège Royal de Curepipe n?est plus la référence du monde sportif. Qui s?en soucie ? L?Education méprise souverainement le ministère des Sports et vice versa. Il nous faudrait un Premier ministre, digne de ce nom, pour renverser miraculeusement une vapeur aussi malsaine pour la bonne santé de notre nation mauricienne. Des idéologues ont voulu tordre le cou à la communalisation du sport, sans se rendre compte qu?il jetait le bébé avec l?eau du bain. Les sports inter-collèges, hier encore pépinière prometteuse de champions, ne sont plus, aujourd?hui, que nostalgie pour passéistes invétérés, comme qui vous savez. Anathème soit qui ose parler, au niveau paroissial, d?une pastorale et même d?une évangélisation à partir du sport. Les collèges confessionnels, les écoles catholiques, n?organisent plus des journées sportives dignes de ce nom. Qui s?en soucie ? A l?évêché comme au BEC.

Pourtant un homme, politicien et ministre de surcroît, est passé par là et y a fait des miracles. Il a donné au sport mauricien ses lettres de noblesse, a fait des JIOI de 1985 une réussite irréprochable ou presque (des petites cuillers pas retrouvées par l?Audit). Il est même parvenu à faire des JIOI d?août 2003 un remake acceptable, au départ inespéré. Il se nomme Michael Glover. L?île Maurice, et pas seulement sportive, fera preuve de la pire ingratitude si elle ne se souvient plus, un jour, d?un nom aussi mobilisateur.

En novembre 1982, Michael Glover est encore moniteur d?éducation physique au collège du Saint-Esprit mais déjà un des quatre députés correctifs d?une opposition squelettique. Se souvient-il du 24 août 1979 quand s?ouvrent, à la Réunion, les premiers JIOI de l?histoire ? Se souvient-il, surtout, de la fin en queue de poisson de ces Jeux (voir l?express du 3 septembre 2004 et du 2 septembre 1979). Rendez-vous à Maurice en 2003 y est alors donné aux athlètes indocéaniques.

Les téléspectateurs mauriciens notent alors l?extrême réticence d?Hurrydev Ramchurn d?accepter le drapeau des JIOI, symbolisant officiellement l?agrément de Maurice à accueillir les JIOI de 1983. Le malheureux semble n?avoir pas pris la précaution de se munir, au préalable, de l?aval de Seewoosagur Ragmoolam et surtout de Nadess Veerasamy, avant d?accepter ce drapeau particulièrement coûteux.

Ramchurn disparaît ensuite de la scène politique. Le ministre MMM des Sports est, non pas l?incontournable Rama Poonoosamy, mais le Dr Diwakar Bundhun. A la mi-novembre 1982, le gouvernement MMM-PSM, pourtant si prévoyant, commence à s?inquiéter de la tenue de ces 2e JIOI, prévus à Maurice, neuf mois plus tard. Nul ne doute alors que ces neuf mois avant août 1983 accoucheront, non pas des 2es JIOI, mais des élections législatives les plus renversantes de notre histoire politique et que Glover remplacera avantageusement Bundhun à la tête du ministère des Sports.

N?anticipons pas et revenons à novembre 1982 quand Maurice apprend que les JIOI, agréés par Ramchurn, nous coûteront Rs 50 millions, y compris Rs 10 m. pour une piscine à Beau-Bassin, d?autres millions pour un stade (toujours à venir) à Rose-Belle et un gymnase (encore inexistant) aux Pamplemousses. Jean-Claude Minighetti et Jean-Claude Hachard de France inventorient les infrastructures et les accessoires manquants. Le principe d?honorer l?engagement, pris en 1979, est confirmé. On n?écarte pas l?éventualité d?un report à 1984 (N.B. les 2es JIOI auront lieu en août 1985). On joue la carte de la décentralisation. Le stade de Rose-Belle sera doté d?une piste synthétique d?athlétisme. Les athlètes seront logés au MGI. Déjà Rodrigues doit se contenter de faire partie de l?équipe de Maurice. L?espoir de toute une nation repose désormais sur le fait que Jugnauth s?intéresse davantage au football que Seewoosagur Ramgoolam encore qu?on sait celui-ci spectateur de match de foot à Lourdes en compagnie de... Hervé de Sornay, le directeur de NMU. Quel doux pays qu?est le nôtre !

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