L''Egypte sous tension pour le second tour de la présidentielle

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Qu''''elle soit favorable à Ahmed Chafik, dernier chef du gouvernement d''Hosni Moubarak, ou à Mohamed Morsi, candidat des Frères musulmans, l''issue du second tour de l''élection présidentielle qui s''achève ce dimanche 17 juin 2012 va exacerber des tensions déjà très fortes.(Photo: File d''attente devant un bureau de vote du Caire)

Malgré les fraudes dont les deux camps s''accusent, les observateurs n''ont signalé que des incidents mineurs après la première journée du scrutin, samedi, qui s''est globalement déroulée dans le calme.

Une altercation entre vendeurs de rue au Caire a toutefois dégénéré en fusillade dans la nuit de samedi à dimanche, selon des médias locaux qui font état de deux morts, mais l''incident ne semble pas lié à l''élection.

Les bureaux de vote ont rouvert dimanche à 08h00 locales (06h00 GMT) et doivent fermer à 21h00 (19h00 GMT). Des résultats officieux pourraient être annoncés dans la soirée.

Le Conseil suprême des forces armées (CSFA), au pouvoir depuis la "révolution du Nil" et la démission d''Hosni Moubarak, a ordonné samedi la dissolution du Parlement, validant une décision de la Haute cour constitutionnelle que les Frères musulmans, qui disposaient d''une large majorité, assimilent à un "coup d''Etat".

La même juridiction avait validé jeudi la candidature d''Ahmed Chafik, menacée par une loi votée en avril pour écarter les caciques de l''ancien régime. Beaucoup y ont vu une preuve de la volonté des militaires de se maintenir au pouvoir au-delà du 1er juillet, date à laquelle ils ont promis de le remettre au président élu.

"CE JOUR EST DÉDIÉ AUX MARTYRS"

Une victoire de Chafik, ancien commandant de l''armée de l''air âgé de 70 ans, donnera inévitablement lieu à de nouvelles protestations de la part des révolutionnaires de la place Tahrir et des islamistes, qui craignent un retour à l''ancien régime.

"Le peuple égyptien a choisi la liberté et exerce son droit à la démocratie", a déclaré Mohamed Morsi en glissant son bulletin dans l''urne. "Le peuple égyptien ne reviendra pas en arrière et je le mènerai, si Dieu le veut, vers la stabilité et la prospérité. Ce jour est dédié aux martyrs", a ajouté le candidat des Frères musulmans, arrivé en tête au premier tour, les 23 et 24 mai.

S''il l''emporte, le mandat de Mohamed Morsi pourrait rapidement se résumer à un affrontement stérile avec l''appareil militaire.

"L''élite ne coopérera pas. Si Morsi gagne, il y a aura une confrontation à laquelle les Egyptiens - moi le premier - ne sont pas préparés", affirme Achraf Rachouane, un homme d''affaires interrogé dans le quartier du Nouveau Caire.

"Chafik, c''est la transition douce. Il a tiré les enseignements de l''échec de Moubarak et saura écouter le peuple", ajoute-t-il.

Pour une bonne part de l''électorat laïc et modéré, ce second a tout d''un duel des extrêmes entre un fidèle du président déchu et un candidat qui se présente au nom de Dieu. Dans ces conditions, l''abstention, déjà très élevée au premier tour, pourrait être le fait marquant du second. Dimanche, l''affluence semblait moins importante que la veille dans les bureaux de vote.

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