Le R.P. Carmello raconte la mère Augustine du BPS

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A la mi-octobre 1980, “L’Express” interviewe le R.P. Carmello Conti Guglia, missionnaire des Oblats de Marie Immaculée (OMI). Il a 70 ans. Il passe quelques jours à Maurice pour étudier, en collaboration avec les religieuses des Sœurs de Charité de Notre Dame de Bon et Perpétuel Secours (BPS), la réputation de sainteté de la fondatrice de cette congrégation, Mère Augustine, née Caroline Lenferna de Laresle (20 mars 1824-28 janvier 1900). Il a passé quatre ans à rassembler la correspondance de cette religieuse dont on attend toujours le verdict de son procès de béatification. Il a publié, en Italie, sa biographie, sous le titre significatif : “Au service de l’Eglise”. Il relate sa vie et sa mission. Il en prépare la traduction en français mais compte l’enrichir de faits nouveaux, révélés par des recherches plus exhaustives. A Maurice, il a accès à tous les procès-verbaux de la congrégation religieuse et à la correspondance disponible localement. Il est personnellement confiant dans l’heureuse conclusion de ce procès de béatification. Une conclusion qui se fait toutefois attendre mais pas plus que celle du Père Laval, mort en 1864 et béatifié en 1979. Il rappelle à “L’Express” qu’il appartient à un ordre religieux, fondé par l’évêque de Marseille, le Bienheureux Eugène de Mazenod (1782-1861). Il est prédicateur. Il est régulièrement envoyé en mission aux quatre coins du monde. L’on retient plus particulièrement son apostolat parmi des marginalisés à Rome, apostolat qui lui vaut le surnom de “aumônier des hippies”. Sa “communauté” s’installe plus particulièrement sur l’escalier monumental de la Place d’Espagne à Rome. Il s’y installe, avec sa soutane, après y avoir été accueilli par la formule suivante : “Eh ! curé de malheur quand crèveras-tu ?” Il en profite pour entamer le dialogue. Ses réponses et explications accrochent. On lui demande de revenir. Il est chaque soir exact au rendez-vous, sauf quand il doit s’absenter de La Ville Eternelle Père Carmello est à Maurice pour mettre ses pas dans ceux de la Mauricienne Caroline Lenferna. Quand elle voit le jour à la Pointe aux Piments en 1824, la chrétienté n’existe que de nom ou presque à Maurice. Le manque de prêtres y est pour beaucoup dans cette indifférence religieuse quasi générale. Le vicariat apostolique de Maurice ne compte alors que cinq paroisses (Saint-Louis, Mahébourg, Pamplemousses, Saint-Pierre et Saint-Julien) et pratiquement le même nombre de prêtres en service. De plus, certains d’entre eux n’arrivent pas à s’entendre avec leur supérieur hiérarchique. Cette indifférence est telle que la petite Caroline recevra le baptême, en 1835, à l’âge de 11 ans. Très jeune, elle est prise en charge par Mme Farquarson qui tient un pensionnat pour jeunes filles à Port-Louis. Elle y trouve l’affection et la tendresse maternelles qui lui ont fait défaut jusqu’ici. Malgré son jeune âge, elle se sent attirée, dès son baptême, sinon par la vie religieuse, du moins par une vie consacrée à Dieu. Cela est d’autant plus étonnant qu’il n’existe alors aucune religieuse catholique à Maurice. Les premières religieuses, les Dames de Lorette, n’arriveront à Maurice qu’à partir de 1844/45. Elle décide pourtant qu’elle sera sœur de charité. Elle ne comprend peut-être pas alors toute la signification de la vocation qui naît en elle mais la persévérance et la ténacité, dont elle fera preuve ultérieurement pour parvenir à ses fins, ont quelque chose sortant de l’ordinaire. Son entêtement à devenir sœur de charité pose problème à tous. Son père ne possède pas les moyens pour l’envoyer faire son noviciat en France. La Réunion ne peut non plus lui offrir ce service. Elle le fera donc tant bien que mal chez les Dames de Lorette en dépit des divergences existant entre cette congrégation et ce qu’on appelle généralement les Sœurs de Charité. L’arrivée de Mgr Collier, du Père Laval et surtout de l’abbé Xavier Masuy, facilitera l’approfondissement de sa vocation religieuse et la mise sur pied d’une nouvelle congrégation religieuse. Ses premiers disciples sont Augustine Mansi, une collaboratrice du Père Laval, et Sœur Joséphine. La congrégation naissante du BPS s’installe d’abord sur l’emplacement occupé aujourd’hui par l’église Immaculée-Conception, au Port-Louis. Elle y ouvre un premier hospice destiné à recevoir les malades abandonnés. Elle établit aussi un petit orphelinat à la rue Edith-Cavell. Suit une première léproserie. En 17 ans, elle ouvre une vingtaine de couvents, d’infirmeries, d’hospices, d’écoles, d’orphelinats. La création de la première crèche est décidée après la découverte, le jour de Noël, d’un bébé abandonné.
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