Le président de la République démissionne et se pose en challenger au Premier ministre

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Le point de presse de Sir Anerood Jugnauth pour annoncer sa démission de la présidence de la République a été une véritable déclaration de guerre contre le pouvoir. Le chef de l’Etat a fustigé le manque de leadership la tête du pays et annonce son retour en politique active.

Le président de la République s’est livré à un virulent réquisitoire contre ce qu’il considère être une mauvaise gestion des affaires de l’Etat par l’actuel gouvernement.

Pendant une demi-heure, dès 10h30 à 11h00, ce vendredi 30 mars, Sir Anerood Jugnauth a, sur un ton vigoureux, émis des critiques à l’encontre du Premier ministre dans une intervention très bien articulée.

Après avoir salué la Nation au début de son intervention, le Président a rappelé son accession au sommet de l’Etat en 2003 avec la confiance de la population. Sir Anerood Jugnauth a d’emblée déclaré que pour lui « le pays passe avant tout. »

Il n’a pas manqué de parlé d’humiliations subies en 2005, lors de la prestation de serment de nouveaux députés à Port-Louis. Après les élections remportées par le Parti Travailliste, l’exercice avait eu lieu à la Place d’Armes et SAJ l’avait présidé sous les quolibets des partisans rouges.

Sir Anerood Jugnauth a, par la suite, confié avoir bien réfléchi à la situation du pays et avoir discuté avec de nombreux Mauriciens. Ce qui l’a amené à se poser plusieurs questions.

C’est l’énumération de ces questions qui a constitué l’essentiel des attaques de sir Anerood Jugnauth contre le gouvernement de Navin Ramgoolam.

Le président de la République a commencé par aborder la question de l’ordre public. C’est un sujet sur lequel, il est très à l’aise et qui doit intéresser tout chef d’Etat.


« Est-ce si difficile de rencontrer quotidiennement le Commissaire de police afin de savoir ce qui se passe dans le pays ? », s’est demandé sir Anerood Jugnauth. Avant d’ajouter que lui, le faisait quand il était Premier ministre. Il a poursuivi en rappelant les fréquentes agressions contre les policiers, des individus qui prennent la loi entre leurs mains et des politiciens qui se substituent à la police.


Tout de suite après, le Président évoque la lenteur dans la prise des décisions par le Premier ministre. « On prend deux ans pour nommer un ambassadeur en Inde, un pays avec lequel Maurice entretient des relations privilégiées. Et cinq ans pour préparer un projet de loi permettant de mettre un frein aux viols et agressions sexuelles envers les femmes, les vieux et les enfants », s’est écrié le Président de la République.

Puis la mauvaise gestion. Le cas d’Air Mauritius et celui de la State Trading Corporation vient toute suite à l’esprit. La compagnie nationale d’aviation est au bord de la faillite à cause du hedging que le Président assimile à du gambling. « Le Premier ministre m’a dit qu’il n’en savait rien, tout comme la mauvaise gestion à la STC », affirme Sir Anerood Jugnauth.


Tout cela, aux yeux du Président, est la démonstration du manque de leadership à la tête du pays. Ce manquement favorise, selon lui, le développement du trafic de drogue, l’érosion du pouvoir d’achat, le chômage, le gaspillage la pauvreté, l’augmentation de la dette publique, le retour du Fonds monétaire international (FMI) la fraude et la corruption.

« Est-ce que devant un tel constat je devais rester à ne rien faire au Château du Réduit ? », se demande le Président avant de fournir lui-même la réponse. « Je ne peux rester les bras croisés et voir mon pays aller vers la banqueroute comme avant 1982. »

Donc, le président a pris sa décision. Il quitte ses fonctions pour servir la Nation autrement. « Je n’irai pas lire le discours programme. Je quitte la présidence de La République, ma démission prend effet demain. »

Ecouter&nbspun extrait du discours de Sir&nbspAnerood Jugnauth &gt&gt

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