Le pape François appelle à l'intégration des homosexuels

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Le pape François, de retour des Journées mondiales de la jeunesse organisées à Rio de Janeiro, a estimé que les homosexuels ne devaient pas être marginalisés ou faire l'objet de jugements, sans s'écarter toutefois de la position de l'Eglise catholique qui considère les actes homosexuels comme un péché.

Le pape s'est exprimé au cours d'une conférence de presse, sa première depuis son élection en mars, à bord de l'avion qui le ramenait du Brésil où il a célébré dimanche la messe de clôture des JMJ devant une foule immense rassemblée sur la plage de Copacabana à Rio.

Le Vatican a fait état d'une affluence supérieure à trois millions de personnes. Des pèlerins venus de 170 pays sont mélangés à des habitants venus voir le pape argentin pour son premier voyage à l'étranger depuis son élection.

Dans l'avion qui le ramenait à Rome, François a tenu avec les journalistes qui l'accompagnaient une conversation de près d'une heure et demie, au cours de laquelle il a rappelé que le catéchisme de l'Eglise ne condamnait que les actes et non l'orientation homosexuelle.

"Il dit que les homosexuels ne devraient pas être marginalisés à cause de (leur orientation), mais qu'ils doivent être intégrés dans la société", a-t-il expliqué. "Si une personne est homosexuelle, cherche Dieu et est de bonne volonté, qui suis-je pour la juger ?"

"Le problème n'est pas d'avoir cette orientation. Il nous faut être des frères. Le problème est de faire pression en faveur de cette orientation ou les lobbies de gens cupides, les lobbies politiques, les lobbies maçonniques, il existe tant de lobbies. C'est cela le pire des problèmes", a-t-il poursuivi.

François répondait à une question sur les rumeurs évoquant l'existence d'"un lobby gay" au Vatican à la suite de la série de scandales sur les prêtres pédophiles et la corruption dans les hautes sphères du Saint-Siège.


"On écrit beaucoup de choses sur le lobby gay. Je n'ai toujours pas rencontré au Vatican une seule personne munie d'une carte d'identité disant qu'elle est gay", a-t-il plaisanté.

Le pape a, par ailleurs, réitéré l'opposition ferme et définitive de l'Eglise à l'ordination de femmes prêtres, mais a souhaité qu'elles occupent des responsabilités importantes dans les activités pastorales et administratives de l'Eglise.

"L'Eglise a fait connaître sa position et dit 'non' (...) cette porte est fermée", a dit le pape qui évoquait pour la première fois en public ce sujet épineux. "On ne peut pas limiter le rôle des femmes dans l'Eglise à celui d'enfants de choeur ou de présidentes d'oeuvres caritatives. Il faut leur donner plus."

François s'est aussi exprimé sur la banque du Vatican, qui s'appelle officiellement Institut pour les oeuvres de religion, déclarant que le fonctionnement de l'IOR, au coeur de plusieurs scandales financiers, devait devenir "honnête et transparent"

L'IOR est au centre de plusieurs scandales financiers qui sont une source de profonds embarras pour l'Eglise depuis des décennies. Il lui est notamment reproché de ne pas respecter les critères internationaux de transparence dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d'argent et l'évasion fiscale.

Le pape a personnellement assisté à la première réunion d'une commission spéciale d'enquête sur la banque du Vatican, créée fin juin pour s'assurer que ses activités soient "en harmonie" avec la mission de l'Eglise catholique.


Avant de monter à bord d'un avion pour Rome dans la soirée de dimanche, François a invité les jeunes chrétiens à "bâtir une civilisation de l'amour" et à "montrer qu'il vaut mieux donner son temps et son talent pour atteindre des idéaux élevés".

Des responsables du Vatican ont jugé que l'affluence massive de Copacabana, la célèbre plage carioca, prouvait la vitalité de l'Eglise catholique, ébranlée par une série de scandales ces dernières années et par la désaffection des fidèles.

Dans son homélie, le pape François a invité les jeunes à construire un monde nouveau en combattant l'égoïsme, l'intolérance et la haine.

"Porter l'Evangile, c'est porter la puissance de Dieu pour extirper et vaincre le mal et la violence, détruire et abattre les barrières de l'égoïsme, de l'intolérance et de la haine, afin de construire un monde nouveau", a dit le pape.

La présidente brésilienne Dilma Rousseff, son homologue argentine Cristina Fernandez, le chef de l'Etat bolivien Evo Morales et plusieurs vice-présidents de pays d'Amérique latine étaient présents.

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