Le leader du MMM condamne l’arrestation de l’ancien ministre des Finances Rama Sithanen

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«Condamnable et honteux», c’est ainsi que le leader du Mouvement militant mauricien (MMM), Paul Bérenger, qualifie l’arrestation, il y a trois jours, de l’ancien Grand Argentier Rama Sithanen, inculpé pour avoir proféré des menaces au téléphone à l’encontre du syndicaliste Rashid Imrith. C’était le premier point abordé dans la conférence de presse du parti mauve, en ce samedi 19 juin, à l’hôtel Le Labourdonnais, à&nbsp Port-Louis.

«Après les atteintes à la liberté de la presse qui ont terni l’image de Maurice, voici un autre élément qui vient faire du tort, cette fois, à la réputation de notre Parlement : l’arrestation de Rama Sithanen pour quelque chose qu’il a supposément fait alors qu’il était encore ministre des Finances», affirme le leader de l’Opposition et du MMM.

«La police n’était pas obligée de l’arrêter sous la loi existante. La police l’a empêché de se rendre en Cour dans la voiture de son avocat, préférant l’y conduire dans un de ses véhicules. De plus, personne ne peut croire que le Premier ministre, Navin Ramgoolam, n’était pas au courant qu’on l’arrêterait. La façon dont on a traité un ancien vice-Premier ministre et ministre des Finances est condamnable et honteux», poursuit Paul Bérenger.

Le leader du MMM est aussi revenu sur la réponse donnée par le chef du gouvernement à une question parlementaire concernant les atteintes à la liberté de la presse. «Quand je lui ai demandé s’il est d’accord que l’Etat n’est pas censé interdire l’accès aux fonctions aux journalistes, il m’a répondu ‘Oui’. Sa réponse est un blâme contre le ministre des Finances, Pravind Jugnauth», souligne Paul Bérenger.

«Enough is enough! » s’exclame-t-il. Selon lui, «ce n’est pas ça la vraie île Maurice». Il ajoute qu’il est «nécessaire que tout cela cesse».

Lors de la conférence de presse d’aujourd’hui, Paul Bérenger a aussi commenté la crise de l’euro et son impact sur le pays. «La crise de l’euro a dépassé le bloc euro. Nous sommes directement menacés, en particulier, notre textile et notre tourisme. Je suis extrêmement inquiet parce que dans une situation pareille, j’ai l’impression que l’économie mauricienne est en train d’aller à la dérive, l’économie semble être en pilotage automatique», soutient-il.

Le leader des mauves pointe du doigt le ministre des Finances, Pravind Jugnauth.

«Les choses sont en train de passer au rouge et c’est comme si nous n’avions pas de ministre des Finances.&nbspPravind Jugnauth&nbspdoit indiquer comment il voit le Produit intérieur brut (PIB) pour cette année, ce qu’il envisage de faire pour améliorer le déficit budgétaire ou la dette publique qui se détériorent ou ce qu’il adviendra du Stimulus Package aux entreprises… La population a droit à la vérité des chiffres et de savoir ce que le gouvernement compte faire pour contrecarrer la crise de l’euro», dit-il. Paul Bérenger n’épargne pas non plus le gouverneur de la Banque de Maurice, Rundheersingh Bheenick, qui selon lui, fait, de son côté, «la pluie et le beau temps».

Toutes ces interrogations feront l’objet de questions de la part du leader de l’Opposition et de Kee Cheong Lee Kwong Wing, à la séance parlementaire du 22 juin 2010.

D’ailleurs, par rapport au Parlement, Paul Bérenger a tenu à «émettre une critique» à l’égard du Speaker Kailash Purryag, qui lors de la dernière séance parlementaire n’aurait pas donné le temps aux membres de l’Opposition de s’enquérir davantage à l’occasion de la Private Notice Question (PNQ) sur la State Trading Corporation (STC). Le leader du MMM a réitéré, en ce 19 juin, ses inquiétudes au sujet des décisions prises par la direction de cette compagnie et ses doutes profonds quant à l’aptitude du ministre de l’Industrie et du Commerce, à remplir ses fonctions.

Un autre point relevé lors de la conférence de presse des mauves aujourd’hui : la situation de la Compagnie nationale de transport (CNT). Le leader du MMM lance un appel au gouvernement pour que soient prises des mesures pour redresser cette compagnie et empêcher une éventuelle privatisation.

Finalement, concernant, le compromis trouvé entre la Mauritius Sugar Producers Association et quatre syndicats de l’industrie sucrière, Paul Bérenger a tenu à adresser ses félicitations aux deux parties. Il pense que «c’est le symbole d’un&nbsp nouveau départ pour l’industrie cannière».

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