Le dénouement ?

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Les Premiers ministres britannique et mauricien s’apprêtent à tourner une page de l’histoire des Chagos, semble-t-il. Du moins, c’est ce qui ressort des informations qui ont filtré sur la rencontre prévue pour après-demain entre les deux dirigeants.

C’est le journal «The Guardian» qui a levé le voile sur les négociations en coulisses autour du dossier. Il révèle, dans un article publié mercredi dernier, le sujet du premier tête-à-tête Cameron-Ramgoolam : «David Cameron to discuss Chagos Islands sovereignty with Mauritius.» Si la Grande-Bretagne a choisi d’organiser une rencontre à ce niveau, c’est un signe qu’elle compte annoncer une inflexion majeure de sa position. Nous pouvons penser que nous sommes à la veille d’une étape décisive du long combat qui vise à amener Londres à reconnaître la souveraineté mauricienne sur les Chagos.

Si le gouvernement britannique avait l’intention de ne céder que sur le droit de retour des îlois vers l’archipel, il aurait annoncé sa décision directement aux anglo-chagossiens. Il se serait passé de la partie mauricienne, car un tel retour n’engage que ce gouvernement et des néo-citoyens britanniques. De toute façon, le communiqué du Bureau du Premier ministre, émis hier soir, précise que c’est bien la «reconnaissance de la souveraineté de Maurice» qui sera abordée.

Du reste, il faut distinguer entre les deux questions. Le retour des îlois ne fera pas avancer le combat en faveur de la souveraineté mauricienne. Un tel retour constituerait au contraire, un sérieux revers pour la position mauricienne. Car, les Chagossiens retourneront sur un territoire supposément britannique et devront compter sur les Anglais pour les questions de transport, d’hébergement, etc. Ce sera alors une reconnaissance implicite de la souveraineté britannique.

Si l’optimisme est dans le camp mauricien, ce n’est pas uniquement en raison du droit international qui interdit le démembrement d’un pays avant son indépendance, mais également parce qu’il y a un vent favorable causé par le climat politique. La Grande-Bretagne est embarrassée par le fait que Diego Garcia ait été utilisé comme un camp de détention secret de la CIA.

Les Britanniques ont, cette semaine, l’occasion de rappeler que le terme fair-play, qui désigne une conduite honnête, est d’origine anglaise.

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