Le Bar Council examinera le cas Varma

Avec le soutien de
Yatin Varma député de Mahébourg-Plaine-Magnien et avocat, a-t-il enfreint le code déontologique des avocats ? Ce qu?on lui reproche : il a écrit, en février 2007, à au moins un ministre pour solliciter un emploi en tant que conseil légal auprès d?organismes parapublics tombant sous sa tutelle. Ses confrères siégeant au sein du Bar Council évoqueront la question lors de leur prochaine réunion. «Nous étudierons la question. Nous la soumettrons pour examen lors de notre réunion», dit le président du Bar Council, Moorari Gujadhur, qui n?en dira pas plus sur la polémique. Mais Yatin Varma s?est attiré les contestations de plus d?un avec sa démarche «d?offrir ses services» aux organismes parapublics. Commentant cette décision du Bar Council, il se dit «serein». «Jusqu?ici, j?ai tout fait dans la transparence. Sinon, je n?aurais pas écrit cette lettre. Je suis à la disposition du Bar Council pour des explications», lâche le député. Anil Gayan, un des dirigeants de l?Union nationale, ne compte pas rester les bras croisés. Il a déjà sollicité l?Independent Commission against Corruption et estime que «le Bar Council doit certainement faire part de sa position. Je suis sûr que mes confrères vont réagir. Mais je garde un open mind sur la question. Je pense également que selon les dispositions du Law Practioner?s Act, il y a peut-être des infractions». L?avocat ajoute que «c?est un clear-cut case. L?Icac peut se prémunir de l?article 7 du Prevention of Corruption Act où il est question de public official using his office for gratification». Selon les dispositions du Prevention of Corruption Act, un «public official» n?est pas seulement un fonctionnaire mais peut être un ministre, un député. Yatin Varma fait, lui, valoir qu?il n?a pas écrit ses correspondances en tant que «public official» mais en tant qu?avocat. L?Icac a de son côté remis au PMO un manuel de procédures pour les cadeaux obtenus par les fonctionnaires, référés sous le terme «gratification» dans la loi. Une des recommandations est de demander aux «public officials» d?informer leur supérieur hiérarchique quand ils reçoivent des cadeaux. Yatin Varma a écrit jeudi à l?Icac pour savoir si celle-ci a déjà initié une enquête sur lui. Si tel est le cas, le député, qui est aussi président du comité parlementaire de l?Icac, compte renoncer à ses fonctions dans cette instance. Un des aspects de la controverse porte sur le fait que Yatin Varma affirme qu?il a sollicité un seul ministère alors que l?allégation contre lui fait état de requêtes à plusieurs ministères. «Toute cette tempête dans un verre d?eau ne vise qu?à m?anéantir. Il faut savoir que je n?ai reçu aucun contrat de ce ministère», dit Yatin Varma. Il dément aussi l?allégation selon laquelle il aurait envoyé une lettre à plusieurs ministres pour être conseil légal d?organismes parapublics. Anil Gayan dit cependant «détenir des renseignements que cette lettre a été envoyée à plusieurs ministères». Jusqu?ici, la State Pro-perty Development Corpo-ration a retenu les services de Yatin Varma pour des conseils légaux en matière de routes pour Rs 10 000 par mois, excluant la TVA. Les services de l?avocat ont été aussi retenus pour des avis légaux sur les casinos de Maurice pour Rs 15 000 par mois, excluant la TVA. Yatin Varma perçoit aussi un salaire mensuel de Rs 10 000 comme conseil légal du Sugar Industry Labour Welfare Fund. La State Management Services Ltd, qui gère les casinos de Maurice, a aussi recours à ses services légaux pour ses cinq casinos de l?île. A la State Investment corporation, un différend l?opposant à l?actuel directeur, Iqbal Mallam Hasham, avait débouché sur des instructions formelles pour que ses services ne soient plus retenus. Mais les données ont changé et Yatin Varma a pu conserver son contrat. Dans les milieux proches du PTr, l?on avance que le parti n?a pas encore discuté de l?affaire mais qu?il ne compterait pas le faire. Yatin Varma fait partie de ceux qui sont «bien vus» par la direction du parti, y fait-on valoir. Un collectif de soutien mené par Gérard Raojee, habitant du n° 12 estime que «c?est du Varma bashing. Mais personne ne trouve honorable qu?il ait décidé de se retirer le temps de l?enquête». Le député, affirme-t-il, a été élu à 60 % des suffrages au n°12 et provoque des «jalousies car l?on sait qu?il est compétent et qu?il a de grandes chances d?être ministre».
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