Le 9-year schooling otage d’une «classe moyenne égoïste», selon Pillay

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L’«Action Plan» de Kadress Pillay, salué par des pédagogues, a été abordé hier, samedi 18 janvier. lors d’une table ronde au collège Royal de Curepipe.

«Il y a une classe moyenne égoïste à Maurice qui veut que ses enfants continuent à fréquenter le collège Royal ou le Lorette de Quatre-Bornes.» C’est ce qu’a affirmé l’ancien ministre Kadress Pillay hier lors d’une table ronde sur le 9-year schooling. Selon lui, il faudra éliminer ce «gro makadam» si le gouvernement souhaite aller de l’avant avec cette réforme. 

 
Si le 9-year schooling n’est pas déjà une réalité, la faute en revient à des «forces obscures» qui ont joué contre l’ancien ministre de l’Éducation Kadress Pillay. C’est ce qui est ressorti d’une table ronde organisée hier, samedi 18 janvier, au collège Royal de Curepipe par la Royals and Friends Action Line (RAFAL). L’ancien ministre de l’Éducation du PTr partageait la vedette avec deux autres anciens titulaires à ce fauteuil, à savoir Steven Obeegadoo du MMM et Dharam Gokhool, également ancien ministre rouge. 
 
Si l’expression «forces obscures» a été utilisée par Amédée Darga, qui était dans l’assistance, Kadress Pillay a été plus clair : «Il y a une classe moyenne très égoïste à Maurice qui veut que ses enfants continuent à fréquenter le collège Royal ou le Lorette de Quatre-Bornes.» Cette classe moyenne, qui mise sur ses moyens matériels pour assurer la réussite de ses enfants, userait de tous les moyens de pression politique à sa disposition pour maintenir le statu quo.
 
Il s’agit d’un «gro makadam» que le ministre de l’Éducation actuel, Vasant Bunwaree (qui a refusé l’invitation de RAFAL de participer au débat), devra écarter de sa route s’il veut aller de l’avant avec la réforme de l’éducation, car cette classe sociale aurait «enn gro lafors» sur le gouvernement. Une force qui pourrait coûter son investiture au ministre aux prochaines élections. «Ena posibilite pa geyn tiket kuma mwa…», a prévenu Kadress Pillay.
 
Steven Obeegadoo a également mis la non-investiture de Pillay aux élections de 2000 sur le compte de sa tentative ratée de réforme de l’éducation. D’abord très élogieux envers ce dernier, qu’il a qualifié de «visionnaire», Obeegadoo a affirmé que son plan a été «sabordé de l’intérieur» et qu’il a «payé le prix cher» pour son audace.
 
S’il a ajouté que sa propre réforme, entre 2000 et 2005, découlait directement du travail de Pillay, Steven Obeegadoo a émis des doutes sur la crédibilité du PTr pour une réforme d’ici 2015: d’abord, c’est la première fois qu’une réforme majeure est enclenchée à travers un «post-scriptum» dans le discours du Budget et il a rappelé que c’est le PTr, à son retour au pouvoir en 2005, qui a aboli ses réformes et réintroduit le ranking déguisé en A+ selon lui. 
 
Dharam Gokhool, ministre de l’Éducation responsable de ce retour en arrière, a bien tenté de se défendre avec des arguments pédagogiques d’abord. «Le A+ est un autre pilier de l’éducation. Car il faut que chacun puisse laisser son empreinte dans l’île Maurice», a-t-il expliqué, mettant de côté l’argument d’Obeegadoo, qui avait précédemment souligné que selon le MIE, le A+ n’avait aucun intérêt pédagogique.
 
Toutefois, plus tard, l’ancien ministre rouge a évoqué des raisons moins nobles : «Nous avons fait campagne en promettant de réintroduire les écoles de Form I à VI. Le A+ n’était qu’un moyen de réaliser ce que nous avions promis à l’électorat. Cela fait partie du processus démocratique», a-t-il déclaré. En bref, comme il l’a lui-même résumé, «il y avait un intérêt électoral».
 
Dharam Gokhool et Steven Obeegadoo se rejoignent cependant sur un point : impossible d’apporter une grande réforme dans une année électorale. Le 9-year schooling serait donc à mettre au frigo. D’autant plus qu’aucun changement aux modalités du CPE ne peut être légalement appliqué sans donner deux ans de préavis aux parents.
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