Langue maternelle: LPT recueillera des témoignages du 20 au 24 octobre

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Tout Mauricien pourra témoigner de son manque à gagner par rapport à l’inexistence de la langue maternelle dans l’enseignement quand il était à l’école.

Ledikasyon Pu Travayer (LPT) tiendra les auditions à son siège à Grande-Rivière.

Plusieurs spécialistes en langues, particulièrement en langue maternelle, constitueront le panel qui assurera ces auditions. Ils sont Jean-Claude Bibi, Vinesh Hookoomsing, Vidya Golam, Medha Devi Moti, Beban Sammy Chumbow, Robert Phillipson et Tove Skutnabb-Kangas.

La première session des auditions aura lieu le 20 octobre 2009. La deuxième et la troisième le 21 octobre, alors que la quatrième et la cinquième se tiendront le 22 octobre. Suite à ces sessions, se tiendront les délibérations des linguistes, le 23 octobre. De plus, ils rendront publiques leurs conclusions, le 24 octobre 2009.

LPT veut prouver que la non-utilisation de la langue maternelle– soit le créole et le bhojpuri à Maurice- dans l’enseignement a entraîné et cause encore la souffrance de bon nombre de Mauriciens. Certains ont connu ou connaissent l’échec scolaire.

D’autres ont éprouvé des difficultés à apprendre dans une langue qui n’est pas celle dans laquelle ils s’expriment chez eux.

«C’est peut-être une grande première. Nous voulons recueillir les témoignages sur le tort que les enfants de Maurice et de Rodrigues ont subi parce que la langue maternelle a été supprimée à l’école. C’est anti-pédagogique que d’enseigner aux élèves dans des langues étrangères. Nous percevons cela comme une souffrance et nous voulons l’exposer», affirme Alain Ah-Vee, un des porte-paroles de LPT.

Et d’ajouter, «Nous sommes d’avis qu’il faut mettre fin à cette non-utilisation de la langue maternelle dans les établissements scolaires. C’est une sorte de génocide. Cela freine le développement intellectuel et la créativité des élèves». Il pense notamment aux enfants qui sont toujours analphabètes après le cycle scolaire.

LPT attribue la décision de ne pas enseigner dans la langue maternelle à Maurice aux colons, qui voulaient «maintenir la suprématie de l’anglais et du français». Mais cette suprématie a été conservée même après l’indépendance. C’est un long combat que cette ONG mène depuis 33 ans pour promouvoir la langue maternelle. Elle conçoit que l’adoption de la langue maternelle dans l’enseignement nécessitera une révision complète du système éducatif actuel et convient que ceci sera difficile mais pas impossible.

D’une part, LPT invite tous les conseillers du ministère de l’Education à assister et même participer aux auditions qu’elle organise. D’autre part, elle continuera sa campagne pour l’intégration de la langue maternelle dans l’enseignement, à travers une lettre, qu’elle enverra au Premier ministre, Navin Ramgoolam, et au ministre de l’Education, Vasant Bunwaree, dans les jours à venir.

«Nous voulons que l’Etat investisse des fonds dans l’enseignement en créole…», déclare Alain Ah-Vee. Il souligne que LPT fait parallèlement campagne pour que la langue maternelle soit utilisée au Parlement.

Pour rappel, selon un sondage du Bureau Central des Statistiques, effectué en 2000 sur les langues parlées dans les foyers mauriciens, le créole a obtenu 70%, le bhojpuri 12%, contre moins de 7% pour l’anglais et le français.

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