La Réunion : les employés des centrales thermiques en grève illimitée

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Un mois après avoir déposé leur préavis de grève illimité, les salariés de Séchilienne-Sidec ont mis leur menace à exécution en stoppant 60% de la production électrique des centrales thermiques locales. Résultat, la préfecture a nommé un médiateur qui aura la lourde tâche de "rassembler" syndicalistes et direction.

En grève illimitée depuis&nbsp dimanche (2 janvier) 22h30, les employés des centrales thermiques du Gol et de Bois-Rouge iront jusqu’au bout. Il faut dire qu’après le préavis déposé le 3 décembre dernier, plus d’un mois s’est écoulé. Ce n’est que dimanche soir, suite à une nouvelle conférence téléphonique entre syndicats de la Réunion, de la Guadeloupe et de la fédération nationale de la CGT, que la décision de stopper 60% de la production électrique a été adoptée.

"On ne voulait pas agir pendant les fêtes au risque de paraître impopulaires même si c’est désormais le cas", confie Patrick Hoarau, représentant&nbsp ( local) de la CGT-EDF, avant d’ajouter qu’après un mois de patience, rien n’a concrètement avancé malgré plusieurs réunions de travail. Résultat, les six tranches de production de Bois-Rouge et du Gol sont à l’arrêt, ce qui a mené EDF à jongler avec d’innombrables coupures d’électricité.

Réunions&nbsp de médiation
"Le préfet veut faire croire aux Réunionnais qu’ils sont dans le fénoir (obscurité)&nbsp mais c’est faux", indique le représentant syndical. "EDF a choisi de placer 60% de sa production dans les mains d’une entreprise privée. C’est donc à elle de s’expliquer à la population", ajoute le syndicaliste qui estime que tout n’est pas mis en œuvre pour avancer.

De son côté, la préfecture a officiellement nommé un médiateur en la personne du responsable de la Direction du travail à La Réunion, Jean-François Dutertre, pour tenter d’apaiser les tensions entre salariés et direction. À ce titre, une première réunion de médiation est intervenue lundi soir (3 janvier) en présence du directeur local de Séchilienne-Sidec, Pascal Langeron, puis, aux côtés des syndicalistes. Une réunion qui s’est terminée tard dans la nuit et qui a mené les salariés à poser cartes sur table et accepté une nouvelle réunion ce mardi après-midi avant deux rendez-vous : le 7 janvier prochain avec la direction nationale à Paris et le 7 février avec l’ensemble des acteurs. Ces derniers estimant que le conflit ne sera réglé, d’ici là, qu’à l’échelle nationale avec une intervention des ministres concernés.

"Nous exigeons l’ouverture de négociations sur la base du préavis de grève. On veut du concret et discuter", précisait lundi Patrick Hoarau. Entendez, l’application de l’article 14, paragraphe 6 du statut des travailleurs de l’énergie. Lequel évoque une majoration de 53% contre les 25% appliqués actuellement.

Source : Le Journal de l’Ile de La Réunion/4 janvier 2011
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