La Réunion : Hollande rafle tout, le Front national s’installe

Avec le soutien de

François Hollande au-delà de 53,29&nbsp %, Nicolas Sarkozy&nbsp 17,96&nbsp % et le Front national propulsé à&nbsp de 10,31 %. Tel est le paysage politique réunionnais au sortir de ce premier tour qui tranche singulièrement avec toutes les présidentielles précédentes.

Jamais, dans l’histoire politique de La Réunion, un candidat de droite à la présidentielle n’aura chuté aussi lourdement. Et donc jamais un candidat de gauche ne sera sorti du premier tour dans une forme aussi impressionnante. Dimanche, Nicolas Sarkozy a enregistré une défaite qu’annonçait déjà l’érosion de son image dans les sondages, tandis que François Hollande dépasse les plus hauts scores jamais obtenus par un candidat de gauche à la présidentielle.

En toute logique, François Hollande enregistre certains de ses scores les plus élevés dans des communes tenues par des maires socialistes : 64 % à Saint-Joseph, 61 % à Saint-Benoît. Ou bien communistes, comme Le Port (62 %). Mais il s’illustre également à Sainte-Rose (63 %) ou Saint-Philippe (64 %). Son résultat à Saint-Denis (48,91 %), en revanche, s’inscrit au-dessous de sa moyenne départementale, ce que Gilbert Annette ne manquera sans doute pas de prendre comme un signal à l’approche des législatives.

Les communes de droite par épargnées

La vague Hollande n’a en tout cas pas épargné les communes de droite, qui ont eu bien du mal à préserver les positions de leur candidat. Si, à Saint-Pierre, Nicolas Sarkozy limite péniblement la casse (23 %), voilà qui dénote des carences manifestes de mobilisation dans la propre ville de Michel Fontaine, sénateur, président de l’UMP, et organisateur du meeting du président sortant lors de sa visite dans l’île.

Même à l’Etang-Salé, où le maire Jean-Claude Lacouture est sans doute l’un des mieux "installés" de la droite locale, Nicolas Sarkozy affiche un très timide 21 %. Au Tampon, autre fief de droite, il termine avec moins de 20 %, tout comme à Sainte-Marie, et 21,36 % à Saint-Denis.

La surprise : le Front national

Mais la véritable surprise de cette élection est sans nul doute l’implantation nette du Front national qui, pour la première fois de son histoire, dépasse la barre des 10 % (10,31 %). Lors de la visite de Marine Le Pen, chacun avait pu percevoir une forme de désinhibition des militants, qui acceptaient, plus facilement que jamais, de se montrer sur les télés et dans les journaux. Manifestement, le mouvement est suffisamment fort pour que Marine Le Pen termine en troisième place non seulement au niveau départemental mais dans pas moins de 17 communes de l’île.

Peut-être aussi en a-t-elle mangé sur l’électorat Bayrou, dans sa posture alternative aux deux grands partis traditionnels. En tout cas, le Modem souffre, dans ce premier tour 2012, pour tomber à moins de 7 %. Jean-Luc Mélenchon, lui, enregistre un revers plutôt cinglant (6,73 % et la cinquième position), tranchant avec les espoirs de son équipe de campagne, qui comptait notamment des militants communistes (en dépit du soutien du PCR à François Hollande). C’est d’ailleurs au Port que le candidat Front de gauche enregistre son meilleur positionnement : une troisième place et 9 %.

(Photo : François Hollande, en meeting à Saint-Joseph, lors d’une récente visite dans l’île).

(Source : David Chassagne, Le Journal de l’île de la Réunion).

&nbsp

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires