La Réunion-Education tertiaire : une Mauricienne gagne face à l’université

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Dhareena Suddul avait contesté de nombreux dysfonctionnements pendant l’année 2006-2007. Est-ce pour cela qu’elle avait raté son master ? Le tribunal administratif vient de lui donner raison, et enjoint l’établissement de réexaminer sa situation. Le président Mohamed Rochdi est d’accord.

Quatre ans après les faits, le tribunal administratif de Saint-Denis donne raison à Dhareena Suddul. Dans une décision du 13 juillet 2011, la justice annule l’échec de l’étudiante mauricienne à son master d’économie, et “enjoint (...) l’université de la Réunion de réexaminer la situation de Mlle Suddul”. La jeune femme n’a appris la nouvelle qu’hier (mercredi 21 septembre).... et n’a pas caché sa joie ( photo) .

Revenons à l’année 2006-2007. Dhareena, qui ne perçoit aucune bourse, travaille à temps partiel comme secrétaire à l’université, pour payer ses études. Elle s’est inscrite en M2 (deuxième année de master) “Mondialisation et stratégies économiques” et constate très vite de nombreux dysfonctionnements. “Certains cours étaient annulés une demi-heure avant de commercer, et n’étaient pas remplacés. Dans la matière “Economie industrielle internationale, nous n’avons eu que quatre heures de cours au lieu de 20”.

De sept au premier semestre, le nombre d’étudiants pour ce master tombe à deux au deuxième semestre. “Ils se sont découragés” explique Dhareena. Elle s’accroche, et s’étonne lorsqu’elle obtient la moyenne en “Economie industrielle internationale” alors qu’elle n’a jamais passé d’examen... La matière “Ingénierie des grands projets” a été supprimé unilatéralement sans explication, ce que soulignera le tribunal administratif dans sa décision.

“Rentrez chez vous !”

Selon Dhareena, les intervenants extérieurs semblaient désorientés face aux étudiants. “Un responsable syndical devait nous parler de régionalisation il nous a carrément dit : “Je ne sais pas ce que je fais là”. Il ne nous a rien appris”.

L’étudiante se procure le règlement universitaire, l’étudie et se plaint ouvertement de ces dysfonctionnements à la responsable pédagogique, en vain. En fin d’année universitaire, Dhareena prépare son mémoire de master et s’étonne de ne pas pouvoir rencontrer sa directrice de recherche, qui est justement la responsable pédagogique. Elle soutient quand même son mémoire, et obtient la note désastreuse de 3/20.

“C’est la note qu’on donne aux candidats qui sont simplement présents” explique-t-elle, en devinant que cette note est due à la présence de la responsable pédagogique dans le jury. Elle obtient - difficilement - de passer au “rattrapage”, où un jury légèrement modifié (avec toujours la même responsable pédagogique) lui accorde la note de 7/20. Comme il lui manque des points dans d’autres matières, c’est suffisant pour la faire échouer au master.

Dhareena fait un recours gracieux à l’université, qui est rejeté le 7 février 2008. Et se fait congédier par une remarque blessante de sa responsable pédagogique : “Vous ne réussirez jamais, rentrez chez vous !”. Mais l’étudiante persiste, dépose une requête au tribunal administratif en avril 2008, réussit un master “Management international” à l’IAE (Institut d’administration des entreprises) de Saint-Denis et travaille dans une société d’énergie solaire. En apprenant mercredi a nouvelle de sa victoire judiciaire, elle a demandé et obtenu un rendez-vous chez le président de l’université, élu en juin 2008. Mohamed Rochdi a pris acte de la décision du tribunal, et a promis qu’il allait réexaminer sa situation.

(Source: Le Journal de l’île de l Réunion).

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