La Réunion : deux pilotes d’Air Austral réintégrés à leur poste lundi

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Comment deux officiers pilotes sur Boeing 777 d’Air Austral licenciés pour incompétence vendredi dernier (30 décembre)&nbsp ont-ils pu être réintégrés moins de trois jours plus tard ? La mobilisation du Syndicat national des pilotes de ligne et de la CFDT n’y est sans doute pas étrangère mais la volte-face de la compagnie interpelle.

En matière de transport aérien, surtout s’agissant des pilotes, l’incompétence a une signification toute particulière.?En clair, un pilote incompétent doit être aussitôt débarqué. Dans le courant de la semaine dernière, deux officiers pilotes sur Boeing 777 à Air Austral, en période d’essais de trois mois, reçoivent un courrier recommandé.?La compagnie leur signifie qu’à compter du 12 janvier, date de la fin de leur période d’essai, leur contrat ne sera pas renouvelé. Motif invoqué : « Cette période d’essai n’a pas été concluante. »

L’un des deux pilotes vient d’Air Calin où il a volé sur Airbus A330.?Le second, après avoir travaillé aux opérations d’Air Austral, s’est payé, sur ses propres deniers, une formation de pilote, avant de voler sur ATR en métropole (France) et de revenir à la Réunion ensuite. A l’un comme à l’autre, Air Austral a payé une qualification sur B.777 facturée respectivement 60 000 euros.?Au terme de cette formation, les pilotes signent généralement un engagement de trois ans. Plus étonnant : alors que la compagnie estime qu’ils ne sont pas à la hauteur, elle les programme sur un vol aller-retour Réunion - Paris.?L’un se voit même proposer d’effectuer des vols supplémentaires.

&nbspPour le Syndicat national des pilotes de ligne?Alpa d’Air Austral, la manœuvre est claire. « Compte-tenu des difficultés actuelles, la motivation réelle est sans doute économique. Nous sommes probablement devant deux nouveaux cas de licenciements abusifs.?Les progressions et les adaptations de nos deux collègues ne sont aucunement en cause.?Elles sont tout à fait dans les standards, voire au-dessus.?Si la direction pense faire des économies en utilisant des motifs fallacieux, elle se trompe.?Un plan social est-il d’actualité ??Si oui, la direction doit avant tout penser à d’autres solutions. »

&nbsp« Quand une compagnie aérienne dite IOSA comme Air Austral engage des pilotes, elle doit vérifier le niveau, le background et la motivation des candidats. Cela a certainement été fait. De plus, le carnet de progression ne laisse apparemment aucune équivoque sur ces stagiaires. Force est de constater que le motif invoqué pour les licencier est scandaleux. Nous ne pouvons pas rester dans cette situation, dans l’attente de notre mise à mort. 2012 sera une année périlleuse pour Air Austral. Et si notre envie de survivre nous rendait courageux ! Nous avons le devoir d’essayer au moins », dénonce pour sa part Aimé Couquet, délégué syndical CFDT.

La mobilisation syndicale, dès vendredi dernier, n’aura pas été vaine.?Interrogé lundi matin, Gérard Ethève, président du directoire et directeur général d’Air Austral, indiquait que les deux mesures de licenciement étaient rapportées. Demeure une interrogation.?Comment ne pas donner satisfaction le vendredi et être confirmé en tant qu’officier pilote le lundi ??A moins que les syndicats n’aient vu clair dans le jeu de la direction.?Ces deux licenciements visant des pilotes en période d’essai et donc vulnérables pourraient bien avoir des motifs économiques.?Cette fois, l’opération a échoué mais contrairement à ce qu’affirme Gérard Ethève, un plan social qui ne dit pas son nom est sans doute dans les tuyaux à Air Austral

Alain Dupuis,Le Journal de l’île de la Réunion.
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