La Réunion : Corsairfly fait (aussi) payer les grands

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Confrontées aux turbulences financières, les compagnies aériennes cherchent par tous les moyens à faire rentrer des sous. A ce petit jeu, la moindre niche susceptible de générer du profit est bonne à explorer.

Après Air France, Corsairfly s’attaque elle aussi aux grandes jambes. Depuis lundi dernier dans le réseau des agences de la compagnie du groupe TUI, et à partir du 6 mars dans celui des agences de voyages utilisant Amadeus, sont lancés les Sièges +. Ils sont "proposés" lors de la réservation et jusqu’à 48h avant le départ du vol. Ils sont situés à l’avant de l’appareil, au niveau des issues de secours, ou encore au pont supérieur des Boeing 747.

Ces sièges offrent plus d’espace pour les jambes et une meilleure visibilité des écrans vidéo. Ils sont installés dans des zones profitant d’un caractère plus privatif et permettent embarquement et débarquement prioritaires. Pour profiter de ces avantages jusque là gratuits, il faudra désormais débourser entre 50 et 80 euros, en fonction des destinations, par trajet. Entre 100 et 160 euros de plus sur un aller-retour, pour voyager un tout petit peu plus confortablement, tout est relatif, c’est cher payé. De nos jours, pour voyager, il faut être ni grand, ni gros. Malheur à vous si vous n’êtes pas dans la norme.

Air France avait été la première à ouvrir le bal. Il y avait d’abord eu les « gros ». Pour espérer voyager, de toute façon, de manière très inconfortable, un obèse doit s’acquitter de son billet et de 75 % d’un second aller-retour.

En juillet 2011, ils ont été rejoints par les grands. Pour bénéficier d’un siège où l’on peut étendre ses jambes, il faut payer 140 euros pour un vol aller-retour de plus de neuf heures, comme ceux desservant la Réunion. Air France a verrouillé le système en proposant le “siège Plus”, dès la réservation et non à l’enregistrement comme par le passé. Dernière cible en date depuis le 21 novembre de l’année dernière, les bébés. Pour les compagnies aériennes, tout enfant de moins de deux ans est considéré comme un bébé.

Jusqu’à présent, Air France ne faisait payer aux bébés que 10% du prix du billet même si, entre la date du départ et celle du retour, l’enfant fêtait son deuxième anniversaire. Depuis le 21 novembre, si le bébé franchit la barre des deux ans au cours du voyage, la compagnie applique le tarif prévu pour les 2-12 ans. Et voilà que Corsairfly s’y met. Si vous êtes en surpoids, vous pouvez envisager un régime mais que faire de vos jambes si vous êtes trop grand ? Payer, ou vous les mettre autour du cou pendant 10 heures.


Alain Dupuis, Le Journal de l’île de la Réunion

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