La Réunion-Centrales électriques : vers une nouvelle grève

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Le nouveau préavis de grève déposé le 11 mars par la CGTR-EDF prenait effet le 21, les syndicalistes "exaspérés et à bout" annoncent vouloir passer une nouvelle fois à l’acte dans les prochaines heures.

Depuis près de deux ans, le feuilleton suit un même scénario. Les syndicalistes d’EDF et de la Séchilienne-Sidec réclament l’application d’une loi qui leur permettrait de toucher une surrémunération complémentaire de 53 %. Du côté de la direction nationale de l’électricien, on ne cesse de rabâcher que celle-ci n’est pas applicable, alors que la direction de l’entreprise privée serait d’accord selon les syndicats si un document officiel justifie cette réclamation. Le combat est bien là.

Depuis des mois, syndicalistes et directions s’affrontent donc à coup de documents sortis des archives. Protocoles, lois, articles et avenants s’entrechoquent sans que personnes des deux côtés n’en aient la même lecture. Interpellés, les politiques sont plus que frileux quand il s’agit de se prononcer, tandis que le Conseil d’Etat ne semble pas réussir à statuer. Fort d’un protocole de sortie de crise de 1972, la CGTR est sûre d’avoir en sa possession le document qui conforte sa&nbsp demande, mais la direction d’EDF présente toujours une fin de non-recevoir.

Estimant être dans "plus qu’une impasse", les syndicats brandissent donc une nouvelle fois la menace de le grève et donc des coupures d’électricité. "On ne peut pas avoir deux poids deux mesures. Il y a une loi, on veut qu’elle s’applique, même si la direction essaye sans cesse de noyer le poisson en mettant en doute la légalité de nos documents" explique Patrick Hoarau, secrétaire général de la CGTR-EDF.

"Il y a une jurisprudence avec les gendarmes qui eux ont été entendus. Après, il y a aussi nos collègues métropolitains qui eux ont le droit à cette surrémunération liée à la vie chère dans les DOM. On ne veut pas tirer les salaires vers le bas, on veut qu’il n’y ait pas de discrimination. On ne va pas aller en justice pour appliquer une loi !" poursuit-il. Avant de conclure : "La direction veut aller à l’affrontement pour monter la population contre nous. Nous on souhaite juste que soit respecté notre droit. Que feriez-vous si on vous refusait quelque chose dont vous avez droit ?".

Des assemblées générales de la CGTR et des conférences téléphoniques avec leurs collègues des Antilles, positionnés sur le même combat, doivent avoir lieu dans les prochaines heures. Des actions pourraient suivre, sur les modalités de celles-ci, la CGTR reste très floue mais prévient "les gars sont à bout ».

Le Journal de l’île de la Réunion, 25 mars 2011.

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