La Réunion: 22 ans après, le tunnel enfin percé

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Plus de 20 ans après le premier coup de pioche, le percement du basculement des eaux s’achève demain à Salazie. Ce projet&nbsp qui&nbsp permettra d’emmener 6 000 litres d’eau par seconde vers l’Ouest a coûté 925 millions d’euros.

Le chantier devait durer 10 ans... Au final, il aura vu quatre présidents se succéder à la tête du conseil général de La Réunion ! Cette fois, le bout du tunnel est en vue. Ce vendredi, 22 ans après le premier coup de pioche, la dernière galerie de Salazie amont (PHOTO), longue de 8,5 km, sera officiellement achevée. Faisant du basculement des eaux de l’Est vers l’Ouest une réalité... Ou presque. Plusieurs antennes d’irrigation restant encore à construire avant que l’infrastructure ne tourne enfin à plein régime.

À terme, 6 000 litres d’eau seront acheminées vers l’Ouest chaque seconde (valeur maximale) depuis les quatre prises d’eau (rivières du Mât, Fleurs jaunes, le Bras de Sainte-Suzanne et la rivière des Galets). L’objectif est d’abord agricole (73% du débit) : irriguer 7 150 hectares de cultures entre le Port et Saint-Leu. Le basculement apportera également un complément de ressource aux communes du Port, de La Possession, de Saint-Paul, de Trois-Bassins et de Saint-Leu (18%) et contribuera à la recharge de la nappe de la rivière des Galets (9%).

&nbspEn chiffre, le “chantier du siècle” totalise 30 km de galeries souterraines traversant les cirques de Mafate et de Salazie pour alimenter le réservoir de 50 000 m3 de Mon Repos. De là, 33 km de conduites gravitaires acheminent l’eau jusqu’à Saint-Leu via huit antennes. L’achèvement de la dernière galerie met un terme aux travaux de creusement souterrain. La fin d’une aventure humaine pour les 125 ouvriers mobilisés dans des conditions particulièrement difficiles, voir titanesques. La fin d’un chantier jalonné d’aléas à répétition. À commencer par la rencontre avec une poche d’eau gigantesque en 2001 dans la galerie de Salazie amont qui bloquera le chantier pendant quatre ans.

Au final, le basculement restera doublement dans les esprits. À la fois pour la prouesse technique, mais également pour son coût réévalué à... 925 millions d’euros, contre 530 millions initialement. Un surcoût pris en charge principalement par l’Union européenne et l’État. “Il faut comparer ce qui est comparable”, intervient le responsable de la Direction de l’eau du Département, Michel Courteaud. Selon lui, le véritable surcoût se rapproche plutôt de 100 millions d’euros, compte tenu de la durée du chantier.

“En tenant compte de l’inflation, de l’évolution de l’indice des prix, un même chantier débuté en 2000 coûte 30% plus cher qu’entamé en 1990”. Reste que divisé par le nombre d’exploitations agricoles devant être desservies à l’origine - plus de 3 000 selon le Département - la facture s’élève quand même à plus de... 220 000 euros par exploitation irriguée (sur une base de 675 250 000 euros, 73% du débit étant à vocation agricole).

L’achèvement du chantier n’est d’ailleurs qu’une étape pour Éric Fruteau, maire de Saint-André et conseiller général en charge de la question de l’eau. L’élu veut désormais s’attaquer au basculement des eaux de l’Est vers le Nord pour parvenir à une “interconnexion” sur l’ensemble de l’île. On parle de plusieurs dizaines de millions d’euros... Pour l’instant ?

(Le Journal de l’île de la Réunion, 26 mai 2011.)

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