La crise égyptienne met les Occidentaux dans l''embarras

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Devant les troubles qui éclatent en Egypte et ailleurs, les gouvernements occidentaux sont pris en tenaille entre leurs alliances stratégiques, leur propre discours sur la démocratie ou les libertés et la sympathie de leurs opinions publiques pour ceux qui manifestent.

CHOIX LIMITÉS

Washington et d''''autres Etats occidentaux s''appuient de longue date sur des dirigeants régionaux (en Egypte, au Yémen et dans bien d’autres pays arabo-musulmans) parfois sans états d''âme en matière de répression mais en qui ils voient un rempart contre l''extrémisme islamique. Dans le contexte actuel, ils ont peu de choix prometteurs.

"Ils n''ont pas très bien géré ce numéro d''équilibriste et sont maintenant coincés en plein milieu", estime Rosemary Hollis, professeur d''études moyen-orientales à la City University de Londres. "Ils entretiennent l''aimable fiction par laquelle ils se disent favorables à la démocratie et à l''ouverture, alors qu''en réalité ils ont trouvé leur compte dans le fait de permettre à certains régimes de s''abstenir de réformes."

Si les capitales occidentales expriment un soutien direct aux manifestants comme elles l''ont fait durant les remous de 2009 en Iran, elles risquent de s''aliéner de vieux amis et d''enhardir ceux qui descendent dans les rues. Si les forces de sécurité se livrent à une répression brutale, les Etats occidentaux redouteront d''être accusés de complicité d''atteintes aux droits de l''homme.

Mais si d''autres dirigeants sont chassés de leurs pays, une vague d''instabilité pourrait porter au pouvoir des gouvernements islamistes et menacer l''équilibre politique régional. "Il sera très difficile aux Etats-Unis de se détourner de Moubarak, même s''ils prennent soin de ne pas exprimer de soutien à une répression", déclare Ian Bremmer, président d''Eurasia Group, institut de recherche sur les risques politiques.

"CONTREPARTIE INTOUCHABLE"

L''Egypte est aussi considérée comme un allié de première importance contre l''Iran et face à la contrebande d''armes au profit des activistes du Hamas dans la bande de Gaza. Le canal de Suez reste essentiel pour les importations européennes de pétrole et de produits asiatiques bon marché.L''aide financière américaine au gouvernement égyptien - en particulier à l''armée qui pourrait jouer un rôle décisif si les manifestations s''étendent encore - est un préalable à de bonnes relations.

"Le président Moubarak et les dirigeants militaires considèrent notre programme d''assistance militaire comme une pierre angulaire de nos relations (...), et le 1,3 milliard de dollars (de financement militaire extérieur annuel) comme une contrepartie intouchable au fait d''avoir fait la paix avec Israël", dit un câble de février 2010 rédigé à l''intention de l''amiral Mike Mullen, chef de l''état-major interarmes américain.

(Source: Reuters)

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