La CGTR : «On sous-estime l’aggravation de la crise»

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La CGTR s’est livrée ce vendredi 30 juillet à une analyse de la situation sociale. Une situation «qui bouge et évolue vite», selon Ivan Hoareau, secrétaire général du syndicat. Mais pas dans le bon sens puisque les salariés continuent à payer la crise. Le pire est à venir.

«La politique d’austérité exerce une pression sur les salaires et sur la consommation, et la question des retraites est aujourd’hui surdéterminée par la crise», estime le leader de la CGTR. Une logique européenne, voire mondiale à laquelle La Réunion n’échappe pas.

Ivan Hoareau déplore une fois de plus qu’il y ait «une sous-estimation de la crise, ou une incapacité à y faire face», alors que le syndicat a maintes fois demandé la création d’une cellule de crise, sorte de filet de sécurité pour les salariés licenciés.

Pour Ivan Hoareau, «la politique de l’emploi est un levier puissant de la politique des retraites». L’un ne va pas sans l’autre et pourtant cette question ne fait absolument pas l’objet d’un débat public dans la société française. «L’effet démographique ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt. 680.000 emplois ont été détruits en 18 mois et la masse salariale a régressé de 1,4%, une baisse historique, alors que ces dernières années, elle augmentait de 3 à 4%», souligne le secrétaire général du syndicat.

Sur le plan local, la situation sociale n’est guère mieux. Déjà 7.000 licenciements dans le BTP, rien que pour les emplois directs. «Les 15.000 licenciements, malheureusement, on les atteindra», ose prédire Ivan Hoareau. C’est que tous les clignotants sont au rouge. Non seulement l’activité ne reprend pas dans le bâtiment, mais d’autres secteurs suivent.

Dernier exemple, et non des moindres, les liquidations judiciaires du Groupe Caillé. Le chef d’entreprise dispose de six mois pour redresser la barre de ses autres sociétés en sauvegarde, dont la branche Automobile. Mais Ivan Hoareau regrette que ce plan de sauvegarde important soit «pris en charge par les salariés». Même si le déficit du Groupe Caillé atteint les 330 millions d’euros, situation que la CGTR qualifie de «grave».

«Il faudrait que M. Caillé arrête avec la méthode Coué», a même lancé Ivan Hoareau, car dans six mois, il est fort probable que ce soit encore les salariés qui paient les «erreurs de gestion du groupe».

La CGTR ne trouve aucune excuse au patronat. Ivan Hoareau dénonce «la pratique de groupe» qui consiste à «multiplier les sociétés pour créer de l’opacité et tout faire pour qu’il n’y ait pas intervention des salariés», tout en profitant des avantages de la défiscalisation. Des sociétés qui sont créées pour «faire du déficit». Dans le même temps, le patronat bloque toutes les négociations. Dernier exemple en date, la grève du “Quotidien” et de “Run express”. Ivan Hoareau pointe «la directive tacite du MEDEf : le premier qui cède est un traître». Les salariés ne demandaient pourtant pas la lune. La situation des employés de “Run Express” a même révélé «l’usage de l’abus dans sa plus grande férocité», un salarié malade devant chercher son propre remplaçant...

Pour la CGTR, il est évident que le patronat profite de la crise pour faire des salariés une variable d’ajustement.

© Témoignages.re


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