L’opposition fait front derrière Bérenger, le PTr en appelle au respect des institutions

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Le leader du Mouvement socialiste militant (MSM) «condamne» la décision du Central Criminal Investigation Department (Central CID) de convoquer le leader de l’opposition. Au Parti Travailliste (PTr), demande est faite à l''''opposition de ne pas mettre la pression sur les institutions du pays. (Photo : Paul Bérenger&nbspà Port-Louis ce mardi).

Les réactions n’ont pas tardé. Pravind Jugnauth a été prompt à réagir suite au refus du leader du Mouvement militant mauricien (MMM), de se rendre aux Casernes centrales, ce mardi 30 août. Ce qui fait planer la menace d’une éventuelle arrestation de Paul Bérenger. «Nous condamnons avec force la façon d’agir de la police envers le leader de l’opposition. Le MSM tient à exprimer son entière solidarité avec le camarade Paul Bérenger. Nous le soutiendrons jusqu’au bout dans cette affaire», affirme le leader du MSM.

Il en profite pour accuser le gouvernement de se servir des institutions à des fins politiques. Pravind Jugnauth estime que « le vrai visage » du gouvernement Ramgoolam est en train d’être révélé au grand jour. «C’est un climat de dictature qui s’installe dans le pays. Les institutions sont utilisées pour des motifs politiques. L’appareil d’Etat est utilisé pour intimider les gens», affirme-t-il.

Au MMM, les dirigeants s’insurgent, eux aussi, contre ce qu’ils qualifient de «politique dominer» du gouvernement. Steven Obeegadoo y voit même une forme de discrimination et considère que les droits du leader de l’opposition ont été bafoués. Il rappelle que Paul Bérenger a, «comme prévu», adressé une lettre par l’entremise de son avocat, Ivan Collendavelloo, au Commissaire de police, ce matin, pour lui demander des éclaircissements sur les raisons de sa convocation par le Central CID.

«Quand une personne est sujette à des allégations, c’est son droit le plus fondamental d’en connaître la nature pour qu’elle puisse, en toute connaissance de cause, y répondre. C’est la pratique courante. Pourquoi cette règle généralisée ne s’appliquerait pas dans le cas du leader de l’opposition ? Le MMM et la population n’accepteront pas une telle pratique. Jusqu’à preuve du contraire, nous sommes toujours un Etat de droit», s’insurge le secrétaire général du MMM.

Reza Uteem est, lui, convaincu qu’il s’agit là d’une stratégie du Premier ministre afin de détourner l’attention de la population des nombreux scandales qui éclaboussent son gouvernement. «Après Rashid Beebeejaun hier, c’est au tour de Rajesh Jeetah d’être entendu par la Commission anti-corruption aujourd’hui. Navin Ramgoolam se doit de sauver la face. Il est clair qu’il cherche à détourner l’attention de la population sur l’implication éventuelle de ses ministres dans des cas de corruption», explique Reza Uteem.

Du côté du Parti Travailliste (PTr), son président Patrick Assirvaden en appelle à l’opposition pour qu’elle ne fasse faire pression et ne mette « le couteau sous la gorge » des institutions du pays. De son point de vue, Paul Bérenger s’est fait « piéger » par l’ex-ministre Showkutally Soodhun quant aux allégations selon lesquelles Navin Ramgoolam aurait réclamé une seconde évaluation de la clinique MedPoint.

« Quand le commun des mortels est face à une telle accusation, il doit donner des explications à la police. Récemment, le Mouvement socialiste militant s’est attaqué à la Commission anti-corruption. Il voulait lui dicter son agenda. Cette fois, c’est le Mouvement militant mauricien qui déplore la façon de faire de la police », ironise Patrick Assirvaden.

La directrice de communication des rouges, Nita Deerpalsing, elle, explique sur la page Facebook du PTr que quand une fausse allégation est portée contre un tiers, la personne mise en cause doit s’attendre à devoir rendre des comptes. Et de souligner que ce n’est pas la première fois que le MMM se perd dans de fausses accusations.

« Il semble que le leader de l’opposition a été très mal conseillé quant à son ‘stand’. Quand on étudie le communiqué de la police, il est clair qu’elle n’a pas à lui remettre la déposition du Premier ministre. Il faut être sérieux ! Il occupe un poste constitutionnel, il doit respecter les lois du pays », confie Nita Deerpalsing à lexpress.mu.

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