L’ombre du parrain Dawood Ibrabim plane de nouveau sur l’offshore mauricien

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Déjà soupçonné d’avoir injecté de l’argent sale dans l’offshore mauricien, celui&nbspprésenté comme le parrain des parrains de la mafia de Mumbai est soupçonné d’avoir investi dans les firmes indiennes de téléphonie mobile ayant décroché leurs licences après paiement de pots-de-vin à un ministre. Une enquête est menée par les autorités financières indiennes pour confirmer l’étendue de son influence.

Il est encore une fois soupçonné d’avoir investi gros dans l’offshore mauricien. Présenté comme le parrain des parrains de la mafia de Mumbai terré au Pakistan, Dawood Ibrahim ne serait pas étranger au scandale des licences de téléphonie 2G octroyées en Inde après paiements de dessous de table à un ministre des télécommunications, A. Rajah.

Il s’avère, selon une enquête des autorités financières de la Grande péninsule, que l’homme le plus recherché de l’Inde a injecté des capitaux dans des firmes de téléphonie mobile ayant décroché ces licences via des banques étrangères. Une grosse partie des investissements, issue d’une de ses firmes immobilières, est ainsi passée par Maurice, indique la plupart des journaux indiens ce lundi 21 mars.

Cette enquête des autorités financières indiennes, telle l’Enforcement Directorate (ED) ainsi que le Central Bureau of Investigation (CBI), démontrent qu’au moins 17 compagnies installées dans l’offshore mauricien ont servi à diriger de l’argent en Inde. Mais tout n’aurait pas été fait dans les règles de l’art.&nbsp

L’aide de la banque centrale indienne, la Reserve Bank of India, a été sollicitée pour retracer ces entreprises qui ont enfreint le Foreign Exchange Management Act (FEMA). Il s’avère que de larges pourcentages d’actions des entreprises basées en offshore ont été transférés à une autre contrairement à ce que stipule cette loi.

Ce transfert pèse plusieurs millions de roupies et l’argent levé a été injecté en Inde à travers Maurice. L’ED a déjà interrogé deux banquiers et le patron d’une entreprise de téléphonie mobile à ce jour. La prochaine étape de l’ED sera de vérifier si les entreprises basées en offshore n’ont rien caché au fisc local.

Les services de renseignements indiens devraient aussi être d’une aide dans cette enquête. En démontrant le nombre d’appels passés de Dubaï, ancienne base arrière du chef mafieux, et de Karachi avec l’une de ses firmes immobilières qui lui sert de paravent.

Il faut dire que c’est la deuxième fois en trois ans que Dawood Ibrahim, Dawood Ibrahim Kaskar pour l’état-civil indien, est cité comme l’un des investisseurs prolifique de l’offshore mauricien. En avril 2008, la presse indienne faisait état de ses nombreux faux passeports qui lui auraient permis de placer son argent sous le ciel mauricien.

Agé de 55 ans, l’homme est notoirement célèbre pour ses faits d’armes et pour avoir inspiré la production bollywoodienne, Badhshah, qui s’est largement inspirée de sa vie. Au début des années 2000, les services secrets indiens avaient déjà pondu un rapport des investissements de ce fils d’un ancien policier de Ratnagiri dans l’île.

Il est, entre autres, soupçonné d’avoir injecté des capitaux dans la firme aérienne indienne Jet Airways. Compagnie dans laquelle a siégé sir Harry Tirvengadum, l’ex-homme fort d’Air Mauritius, tombé en disgrâce pour avoir tenu une caisse noire au sein de l’entreprise.&nbsp

Cela fait des années qu’une enquête, menée par la télévision indienne CNN-IBN, a révélé que Dawood Ibrahim détient au moins 29 faux passeports, dont l’un serait mauricien. A l’époque, l’Hôtel du gouvernement a tenu à faire vérifier si l’encombrant « Mauricien » n’a jamais mis les pieds dans l’île. Chose qu''il n''a jamais faite.

Petit criminel devenu grand, c’est au milieu des années 70 que Dawood Ibrahim a pris de l’étoffe. En se mettant aux services des Dons (chefs mafieux), avant de prendre leur place. Il est soupçonné d''avoir fait assassiner ses rivaux et formé la D-Company, redoutable gang spécialisée dans des assassinats, de rackets auprès des producteurs de Bollywood et de trafic d’armes et le trafic de la drogue, dont le Mandrax, jusqu’en Europe et aux Etat-Unis.

Les attentats à la bombe à Mumbai, en mars 1993, où 257 personnes ont péri, portent son empreinte.&nbspCe qui lui valu d’être qualifié de terroriste par les Etats-Unis après les attentats du 11 septembre 2001.

D’autant qu’il est lié au chef d’Al-Qaeda, Oussama Ben Laden. Recherché par Interpol, il se terrerait au Pakistan, après avoir trouvé refuge à Dubaï. Depuis décembre 2006, il serait passé sous le bistouri d’un chirurgien esthétique qui lui a refait le portrait.

Selon le magazine américain Forbes, il est la cinquantième personne la plus influente de la planète. Sa fortune est estimée à 900 000 millions de roupies indiennes. Son réseau s’étend en France, en Allemagne, au Népal et aux Etats-Unis.

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