A l’heure des grandes manœuvres, MMM et MSM jouent au chat et à la souris

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Le MMM et le MSM sont tiraillés entre la fascination et la haine. Alors que les tractations politiques vont dans tous les sens, des membres des deux partis tentent de recoller les morceaux.

Même si la ligne officielle du Mouvement Socialiste Militant (MSM) désapprouve toute ligne de communication avec le Mouvement Militant Mauricien (MMM), il n’en demeure pas moins qu’un fort courant au sein de la direction du parti soleil caresse toujours l’espoir d’une reconstitution de la plate-forme mauve-orange. Pour l’instant, chacun joue son va-tout alors que les contacts deviennent de plus en plus nombreux.

Alan Ganoo du MMM le confirme: «On est actuellement à l’heure des grandes manœuvres en ce qui concerne les alliances électorales». En effet, de manière formelle mais surtout informelle, les tractations ont commencé. Après la partielle au No. 8, le deuxième test pour les formations politiques, c’est le prochain meeting du 1er mai. Mais déjà, même si on ne veut rien précipiter, il y a une volonté de concrétiser les choses avant cette date afin «d’établir une dynamique.»

Appelé à commenter ces tractations et notamment du souhait émis ici et là en faveur d’une alliance MMM-MSM, le député Ganoo explique qu’il n’y a aucune intensification au niveau des contacts. «Je suppose qu’il y a un va-et-vient dans tous les sens», fait-il cependant remarquer. Il demeure que «le souhait» d’une alliance MMM-MSM est bien ancré au sein des sympathisants de ces deux partis. «Cela a toujours été le cas. Il n’y a rien de nouveau à ce chapitre. Et je ne peux dire si on a fait des progrès concrètement. Dans l’absolu, le désir de rapprochement reste le même au niveau des partisans. Et ce n’est pas la partielle qui aura changé quoi que ce soit en ce sens», précise Alan Ganoo.


L’option travailliste

Ce dernier confirme, d’autre part, que l’option travailliste est toujours à considérer mais «sous certaines conditions». «Car il est aussi vrai qu’il y a beaucoup de choses qui nous sépare de ce parti», souligne-t-il.

Cette lecture des choses est confirmée par Ajay Gunness, autre membre du bureau politique mauve. «Il y a des gens des deux côtés qui pensent qu’une alliance MMM-MSM est plus naturelle. Ces gens établissent des contacts et, certainement, les rencontres ont été plus fréquentes ces derniers temps. Ces rencontres pourraient, je pense, déboucher sur quelque chose. En tous cas, la volonté est là d’autant plus que l’échéance se rapproche», estime Ajay Gunness.

En ce qu’il s’agit d’une éventuelle alliance avec le PTr, le député du No. 10, tout en précisant que toutes les options restent ouvertes, ne nie pas l’existence d’une aile pro-travailliste au sein de son parti. «C’est un courant minoritaire et qui, de surcroît, n’est pas réfractaire à l’idée d’une alliance avec le MSM» avance-t-il.

Un autre dirigeant mauve confirme que les membres des deux partis sont majoritairement en faveur d’un rapprochement MMM-MSM. «Le plus important, c’est qu’il faut qu’il y ait des gens de bonne volonté des deux côtés. Paul Bérenger est un homme qui a beaucoup de principes. Pour qu’il contracte une alliance avec le PTr, c’est un pas de géant qu’il lui faudra faire. A moins qu’il y ait un très grand nettoyage du côté des rouges. Dans le cas contraire, l’option MSM reste plus crédible. Il ne faut pas non plus trop se presser. Le plus important pour une alliance, c’est de remporter une élection afin de mettre en pratique son programme dans la stabilité», précise-t-il.

Devenu subitement un joker, le MSM se plaît à se faire désirer. Après le soutien obtenu du PTr à la partielle au No. 8, un retour d’ascenseur est attendu du parti soleil. Sauf qu’au sein d’une bonne partie des membres du MSM de même que parmi ses sympathisants, il y a un fort courant pour un rapprochement avec le MMM. La direction du parti manœuvre, elle, davantage en direction des rouges. Mais il n’en demeure pas moins que l’option mauve garantit des conditions plus profitables au MSM.


La position du MSM

Reste désormais à savoir si le leader du MSM, Pravind Jugnauth, serait prêt à revoir sa position par rapport aux mauves. Prendra-t-il, par exemple, en compte ce qu’affirme ce dirigeant de son parti: «Nous avons déjà travaillé avec le MMM. Et nous n’avons pas eu de problème. Nous avons la même culture. Par contre, avec les travaillistes, on doit s’attendre à beaucoup de problèmes.» La pierre d’achoppement entre les deux formations demeure la question du poste du Premier ministre. Quoi qu’aujourd’hui, Pravind Jugnauth pourrait davantage être tenté d’être le second de Navin Ramgoolam plutôt que de partager le pouvoir avec Paul Bérenger.

Ce qui n’est pas l’avis d’un membre influent du MSM. «Si Pravind Jugnauth a le poste de Premier ministre pour cinq ans dans une éventuelle alliance avec le MMM, la situation change du tout au tout. Nous préférons le MMM sur une question de culture. Nous sommes tous dans cet état d’esprit… Si nous parvenons à un accord avec le MMM, une démission collective du Parlement n’est pas à écarter. Par contre, si nous allons avec le PTr, c’en est fini du MMM. D’ailleurs, ce parti est aujourd’hui dans la situation où il voulait nous mettre. Et s’il ne fait pas attention, il se retrouvera dans celle du PMSD», explique cette source.

La partie de bonneteau a commencé. Chacun avance ses pions. Chacun veut séduire. Mais le fait demeure que l’axe Ramgoolam-Jugnauth devient de plus en plus une réalité prégnante.

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