L’Agence Tous Risques: Pour la rigolade

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La mode était aux années 1960 durant les années 1980, puis aux années 1970 durant les années 1990 et elle en est toujours aux années 1980 alors que s’achèvent les années 2000.

Espérons que quelqu’un, quelque part, aura une idée nouvelle pour la prochaine décennie. Autrement, nous risquons de tourner en rond durant les 50 à 60 prochaines années.

Quoi qu’il en soit, c’est dans cet esprit de retour aux années 1980 que débarque sur nos écrans L’Agence Tous Risques/«The A-Team», adaptation d’une série phare de cette décennie, et que suffisamment de lecteurs auront encore en mémoire pour qu’il ne soit pas nécessaire d’en faire la description, même sommaire.

Disons juste que la série était appréciée pour des raisons qui, personnellement, m’échappent encore. Mais, en y repensant, il se dégageait de l’ensemble un certain esprit «boy-scout» assez positif en même temps qu’une certaine bonne humeur. C’était peut-être cela, et c’est justement sur cette bonne humeur que joue l’adaptation qui nous est présentée. Elle est signée Joe Carnahan, celui-là même qui, il y a quelques années, nous avait offert Mi$e à Prix, un thriller de série B «à la Tarantino» dopé aux amphétamines.

Question de bon sens, L’Agence Tous Risques version cinéma commence par le commencement : au Mexique, durant les années 1990. Puis, la majeure partie du fi lm nous raconte comment ces soldats d’élite sont devenus des justiciers errants poursuivis par la police militaire : lors du retrait des troupes américaines en Irak, ils sont les victimes d’une abominable machination d’une agence de mercenaires et de la CIA et se retrouvent accusés du meurtre d’un général et du vol d’une planche à dollars. Tout cela est évidemment tiré par les cheveux, mais vient néanmoins combler un vide. Et en réalisateur intelligent qu’il est, Joe Carnaham construit son fi lm autour des personnages. Ces derniers sont les mêmes que dans la série, mais en plus substantiels. Histoire de rester dans l’esprit du fi lm, surtout d’un fi lm de Joe Carnaham, ils sont chacun à la limite de la caricature, et chacun une référence à un genre. Ainsi, Liam Neeson avec son cigare (comme George Peppard) dans le rôle du colonel Smith, est l’incarnation du héros de fi lm d’action modèle John Wayne Bradley Cooper (lieutenant T. Peck, alias «Futé») se défend bien dans son rôle de séducteur ironique et dur à cuire sorti tout droit de Ocean’s 11 Sharlto Copley (révélation de District 9) donne ce qu’il faut de loufoquerie à son personnage de Murdock, alias «Looping» et Quinton «Rampage» Jackson, tout en muscles, avec sa coupe iroquois, nous fait un Barracuda/ Mr. T à la fois effrayant et sympathique, comme on l’appréciait.

Le meilleur du fi lm se passe donc entre les personnages, surtout là où on s’y attendait, c’est-à-dire dans les échanges entre Looping et Barracuda. Humour burlesque ou décalé, mais sans excédent, plus ou moins contrebalancé soit par une tension amoureuse latente entre Bradley Cooper et Jessica Biel (en capitaine de la police militaire), soit par la cavale des fugitifs. Car il s’agit de ne pas gêner les scènes d’action. Bien qu’étant dénuées de tout suspense, celles-ci sont plus que spectaculaires : elles sont énormes.

Par exemple, tombant d’un avion de transport abattu par des drones, nos héros font voler un char d’assaut ! C’est pour ces raisons qu’on passera sur d’autres aspects disons moins glorieux, comme l’hypocrisie de certaines dénonciations. L’Agence Tous Risques nous est proposé comme un divertissement décérébré et de ce point de vue, le contrat est largement rempli. Il n’y a pas plus à en dire.&nbsp

G.N.

G.N.

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