L?énigmatique Marie Leblanc

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La journée célébrant le centenaire de l?Entente Cordiale tenue à l?université de Maurice le mercredi 21 avril dernier avait été marquée notamment par la brève présentation orale d?une Mauricienne d?exception, symbole par excellence de l?Entente Cordiale dans sa version locale, à savoir Marie Leblanc. Cette journaliste, louée par Léoville L?Homme comme infatigable et par Auguste Toussaint comme pugnace, intéresse aujourd?hui quelques chercheurs, notamment Danielle Tranquille de l?université de Maurice, Vickram Ramharai de l?Institut de Pédagogie et Robert Furlong. Marie Leblanc a été à l?origine de pas moins de 12 revues et magazines littéraires entre 1890 et 1911 et en a été la rédactrice en chef. Elle fut la première femme à exercer une telle fonction dans le monde journalistique où régnaient les hommes et a pendant longtemps été la seule à l?avoir fait. Certaines des publications qu?elle dirigeait étaient à périodicité annuelle et ont paru 14, 22, voire 24 ans? constituant autant de records que seule la revue l?Essor a finalement battus au vingtième siècle. Son credo était l?intégration des valeurs anglophones dans le paysage culturel et intellectuel mauricien, rompant ainsi une longue période d?exclusion. Elle mettra en pratique cette politique dans toutes les revues qu?elle dirigera (La semaine littéraire de l?île Maurice (1890-92), Le soleil de juillet (1891-1915), Les Roses de Noël (1892-1914), Port-Louis Mondain (1897-1914), La Nouvelle Revue Historique et Littéraire (1897-1902), entre autres). Elle assurait par ailleurs elle-même les traductions en français des poèmes et autres textes qu?elle recevait en anglais. Elle a aussi été la traductrice en 1893 (11 ans avant l?entente cordiale européenne) du roman Diane de Breteuil que l?on doit au gouverneur anglais de Maurice, Jerningham. Et elle conservera cette position d?ouverture même pendant la tourmente de la ?rétrocession?. Elle publiera, par exemple, des magazines spéciaux pour célébrer la reine Victoria (Victoria Review, 1897), Le couronnement en 1902 pour Edouard VII, en 1911 pour George V? En 1903, Marie Leblanc publie le numéro unique d?une revue intitulée Entente Cordiale; de 1907 à 1915 un annuel The Empire Day et de 1907 à 1910, un autre annuel Rex Imperator, le tout affirmant la loyauté et la fidélité d?une élite mauricienne à l?Angleterre. A travers elle, toute une frange de l?élite mauricienne se dissociait de la sempiternelle alliance unilatérale à la seule France. On lui doit également plusieurs monographies dont une sur le cyclone de 1892 et d?autres sur des personnalités mauriciennes ayant marqué la fin du XIXe siècle.
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