Konrad Morgan : « Je n’avais plus de marge de manœuvre à l’Université de Maurice »

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Même si le vice-chancelier démissionnaire, Konrad Morgan, dément tout conflit avec le ministre de l’Enseignement Supérieur et le pro-chancelier, il révèle qu’il n’avait pas les coudées franches à l’Université de Maurice.

Konrad Morgan lève le voile sur les raisons de son départ. Lors d’un bref entretien accordé à lexpress.mu, le vice-chancelier démissionnaire de l’Université de Maurice soutient qu’il ne lui restait plus de grande marge de manœuvre à la direction de l’Université de Maurice. « Je sentais qu’il ne me restait plus grand-chose à faire que de partir, car il ne me serait plus possible de faire progresser cette institution », indique-t-il.

Loin de garder un goût amer de son passage sur le campus du Réduit, Konrad Morgan avance que cela a été une réelle opportunité pour lui d’avoir tenu les rênes de cette institution tertiaire pendant 24 mois. « Cela a été un immense honneur d’avoir pu servir aux côtés d’une belle équipe », poursuit-il.

Le vice-chancelier démissionnaire fait aussi ressortir qu’il quitte l’Université de Maurice avec le sens du devoir accompli et ajoute avoir contribué à certaines améliorations. « Je laisse derrière moi des bases solides qui pourront servir à accomplir de plus grandes réalisations », affirme-t-il.

Konrad Morgan n’a pas manqué de commenter les informations faisant état d’un éventuel malaise entre lui et le ministre de l’Enseignement supérieur, Rajesh Jeetah et le pro-chancelier Soodursun Juggessar. « Je ne crois pas avoir été en conflit avec qui ce soit lors de mes deux années passées. Je souhaite bonne chance aux personnes qui composeront le prochain conseil d’administration », a-t-il conclu.

C’est au mois de décembre 2012 que le contrat de Konrad Morgan arrivait à échéance. Au mois d’août dernier, il avait cependant affirmé qu’il ne chercherait pas à renouveler son contrat. Plusieurs proches du vice-chancelier avaient laissé entendre qu’il ne supportait plus les ingérences qui étaient devenues monnaie courante au sein de l’institution.

Cependant, dans une déclaration faite à Radio One, le mercredi 11 janvier, Rajesh Jeetah, le ministre de l’Enseignement supérieur, a formellement démenti toute forme d’ingérence de sa part dans l’administration de l’Université de Maurice. Après s’être entretenu avec Konrad Morgan, Rajesh Jeetah avait dit être attristé par le départ du Britannique.

Un des anciens membres du Conseil de l’Université de Maurice explique que le conseil arrivait à la fin de son mandat en décembre de l’année dernière. Toutefois, le renouvellement du Conseil intervenait le jour même où il était censé se réunir pour avaliser le programme de restructuration de Konrad Morgan pourrait laisser l’impression que les deux sujets sont liés, mais tel n’est pas le cas.

« Cette recomposition est intervenue au même moment où le conseil devait donner son feu vert au programme de réforme, mais il était temps pour nous de partir, car nous avons siégé sur ce conseil pendant plus de temps que prévu », indique-t-il.

Cependant, l’ancien membre du conseil est d’avis que le programme de restructuration était plus que nécessaire. « Cette université est en train de s’appuyer sur les mêmes bases qu’au temps de sa création en 1965. Il était grand temps de venir avec ce plan de restructuration, car la population estudiantine a décuplé depuis », poursuit-il.

Le plan de restructuration proposée par le Pr Konrad Morgan vise à impliquer davantage les chefs de départements dans les prises de décisions. En même temps elle réduit le pouvoir et le champ d’action d’autres cadres de l’université, laisse-t-on entendre à Réduit.

Toutefois, cette décentralisation de pouvoir, qui est jusqu’à présent concentré au niveau du Registrar, ne faisait pas l’unanimité. Plusieurs voix se sont élevées pour faire comprendre leur opposition au projet. Le plan prévoit également que des chefs de faculté (deans) s’occuperont des questions ayant trait aux cours. Actuellement, c’est la Registrar qui détient en grande partie ces pouvoirs.

Avec le renouvellement du Conseil en attente, la mise en œuvre de la restructuration a été bloquée. Ce qui génère de l’incompréhension sur le campus. L’ancien membre du conseil que nous avons interrogé se demande si l’université doit être réformée dans l’intérêt d’une personne ou dans celui de l’institution ou le pays.

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