Kofi Annan quitte son poste de médiateur sur la Syrie

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Kofi Annan démissionnera à la fin du mois de son poste de médiateur des Nations unies et de la Ligue arabe dans le conflit syrien, ont annoncé jeudi les Nations unies.

Le diplomate ghanéen, Prix Nobel de la paix et nommé à ce poste le 23 février, avait élaboré un plan de paix en six points visant à faire cesser les combats en Syrie et à préparer une transition politique. Mais ce plan est resté sans effets. S''''adressant à des journalistes à Genève, Kofi Annan a évoqué les "accusations et les insultes" subies au sein de Conseil de sécurité de l''Onu comme l''une des raisons ayant motivé sa décision."Le monde est plein de gens fous comme moi. Aussi, ne soyez donc pas étonnés si le secrétaire général de l''Onu Ban Ki-moon trouve quelqu''un capable de faire un meilleur travail que moi", a déclaré Kofi Annan, interrogé sur son éventuel successeur.

Kofi Annan a laissé entendre que la militarisation des deux parties au conflit et l''impasse rencontrée au Conseil de sécurité de l''Onu avaient rendu difficile la mise en œuvre une solution diplomatique à la crise syrienne. "La militarisation grandissante sur le terrain et le manque évident d''unité au Conseil de sécurité ont fondamentalement modifié les circonstances de l''exercice effectif de ma mission", a déclaré Kofi Annan.

Une mission difficile et ingrate

"Kofi Annan mérite notre profonde admiration pour la manière désintéressée avec laquelle il a mis ses formidables compétences et son prestige au service de cette mission des plus difficiles et potentiellement ingrate", a déclaré pour sa part le secrétaire général de l''Onu Ban Ki-moon.&nbsp "M. Annan m''a personnellement informé, ainsi que le secrétaire général de la Ligue arabe, M. Nabil Elarabi, de son intention de ne pas renouveler son mandat à son expiration, le 31 août 2012", a-t-il&nbsp indiqué.&nbsp

Le représentant permanent de la Russie aux Nations unies a immédiatement réagi en déclarant que son gouvernement déplorait cette décision. Le président russe Vladimir Poutine a également déploré le départ de Kofi Annan, tout en qualifiant la situation en Syrie de "tragédie", selon des agences de presse russes."Kofi Annan est une personne très respectable, un diplomate brillant et un homme très bien c''est donc vraiment dommage", a déclaré le président russe à Londres, selon l''agence de presse Interfax."Mais j''espère que les efforts de la communauté internationale destinés à mettre un terme au conflit vont se poursuivre", a-t-il ajouté.

La Maison blanche a pour sa part indiqué que le départ de Kofi Annan du poste de médiateur sur la Syrie mettait en lumière le refus du président syrien Bachar al Assad de respecter un plan de paix soutenu par l''Onu ainsi que l''incapacité de la Russie et de la Chine à demander des comptes à Bachar al Assad devant le Conseil de sécurité de l''Onu."Le président Assad, en dépit de sa promesse de respecter le plan de Kofi Annan, continue d''assassiner son peuple et d''utiliser des armes lourdes dans des assauts contre la population civile", a déclaré aux journalistes le porte-parole de la Maison blanche Jay Carney à bord de l''avion présidentiel Air Force One.

La responsabilité de la Chine et de la Russie

Ce dernier a également pointé la responsabilité de la Chine et de la Russie dans la démission de Kofi Annan, soulignant que le double veto chinois et russe au Conseil de sécurité "était extrêmement regrettable et plaçait la Russie comme la Chine du mauvais côté de l''histoire et du mauvais côté du peuple syrien."

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a estimé dans un communiqué que la démission de Kofi Annan témoignait de "l''impasse dramatique du conflit syrien." "L''envoyé spécial des Nations Unies et de la Ligue arabe se retire mais l''urgence d''un cessez-le-feu, du départ de Bachar al Assad et d''une transition politique respectant toutes les communautés syriennes est plus pressante que jamais", a-t-il ajouté.

Entre-temps, les combats entre soldats et rebelles ne connaissent aucun répit, surtout dans la ville stratégique d''Alep. Les violences continuent de tuer des dizaines de civils tous les jours à travers le pays où selon l''Observatoire syrien des droits de l''Homme (OSDH), plus de 120 personnes ont encore péri jeudi, en majorité des civils.

(Sources : Reuters &amp Reuters)


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