Jin Fei fera ses propres matériaux de construction au grand dam des Mauriciens

Avec le soutien de

Le constructeur chinois de la zone économique de Jin Fei compte être auto-suffisant pour ce qui est des matériaux de construction.

Pour cause, il compte tout faire lui-même et ne rien acheter des compagnies mauriciennes.

Le constructeur, l’Oriental Group, a fait savoir qu’il compte importer du ‘clinker’ pour faire du ciment, avoir sa propre concasseuse pour produire les agrégats, le sable et le rock-sand, avoir sa propre fabrique de parpaing (block) ainsi que sa propre fabrique de carrelage (tile).

Jean-Michel Giraud, le Chief executive de United Basalt Products (UBP), trouve que la décision du constructeur chinois est «aberrante» voire un «non sens industriel». Il soupçonne quelque chose de «louche». Il relève plusieurs anomalies dans ce projet de l’Oriental Group (ndlr: Nous reviendrons sur la réaction de Jean-Michel Giraud.)

Par ailleurs, dans sa demande d’autorisation pour devenir fabricant de matériaux de construction, l’Oriental Group avoue: la majorité des emplois iront aux Chinois et seulement des emplois indirects iront à quelques Mauriciens.

«La mise en place des différentes fabriques de construction de matières premières créeront de l’emploi durant la période d’opération sur les différents sites du projet. On peut arguer que la majorité de ces emplois iront le plus probablement aux Chinois, mais il y aura inévitablement des emplois indirects qui iront aux Mauriciens», est-il écrit noir sur blanc.

A l’issue de la cérémonie officielle marquant le début des travaux sur le site de Jin Fei à Riche Terre, le ministre des Finances, Rama Sithanen, n’avait avancé aucun chiffre quand à la création d’emplois pour les Mauriciens, avant de lâcher sur l’insistance de la presse que «la majorité des emplois iront aux Mauriciens». Les constructeurs de la future zone économique sont d’un avis contraire.

L’Oriental Group compte, tout d’abord, avoir sa propre fabrique de ciment. Elle sera d’une capacité de 200 000 tonnes par an. Elle importera de Chine du ‘clinker’ qui viendra en conteneur dans des sacs de deux tonnes qu’elle écrasera et transformera en ciment en le mélangeant à d’autres matières premières.

La fabrique sera dotée de trois silos d’une capacité de 1 200 tonnes chacun où le ciment pourra être conservé pendant trois jours. Le ciment sera ensuite mis en sachet de 50 kilos chacun.

Outre sa propre cimenterie, Oriental Group aura également sa propre concasseuse. Elle aura une capacité de production de 400 tonnes d’agrégats par jour. Les agrégats seront produits en cassant les roches se trouvant sur le site de construction même. Elle produira les agrégats suivant: 1 à 2 millimètres, 2 à 4 mm, 3 à 5 mm et 0,5 mm. Le constructeur estime que la région de la construction de la zone économique de Riche-Terre contient un potentiel de 2 millions de mètres cube de roche, de quoi alimenter l’ensemble des travaux.

La concasseuse devra principalement alimenter une fabrique de béton d’une capacité de 120 000 mètres cubes de béton par an, soit 400 mètres cube par jour de travail. Outre les agrégats, les autres matières premières pour la production de béton sont le ciment et le rocksand, qui seront tous produits sur le site. L’intégration verticale est complète.

La zone économique de Riche-Terre entend également produire ses propres parpaings (blocks). Elle en produira 8 000 à 10 000 par jour. Oriental Group produira ses propres carrelages, soit 900 000 pièces par an.

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires