Jeff Lingaya, l’anticonformiste qui milite pour le respect de la dignité des hommes

Avec le soutien de

Il a fait du combat contre l’injustice, sa vocation. Jeff Lingaya, cet homme qui a récemment été au centre de l’actualité, grâce à sa grève de la faim en soutien aux employés d’Infinity BPO, se dévoile. Portrait d’un jeune, qui est prêt à aller jusqu’au bout de ses projets…

Bien que ce soit l’affaire Infinity qui l’ait révélé au grand public, Jeff Lingaya, 33 ans,&nbsp est loin d’être celui qui s’est réveillé un 9 mars et qui a décidé de faire une grève de soutien. En effet, sa lutte contre l’injustice, «contre le mauvais traitement de l’être humain et contre la répression», il la mène depuis très jeune, depuis sa tendre enfance.

«C’est grâce à mon père que je me suis intéressé au mysticisme. J’ai toujours eu une relation très conflictuelle avec lui mais il m’a appris beaucoup de choses. Je suis né dans une famille de foi catholique mais je n’ai aucune barrière religieuse », soutient Jeff Lingaya.

Il explique qu’il y a eu une expérience qui l’a particulièrement marqué. Il avait 5 ans quand il a fait une chute, de sa maison qui était en construction. «J’ai perdu connaissance, mais quand je me suis réveillé, je croyais que j’étais mort, puisque j’essayais de me relever mais je retombais aussitôt », soutient-il avant de préciser qu’il s’en est sorti avec une fracture à la jambe.

Toute sa vie, Jeff la résume en un seul mot, la passion. La passion d’aller jusqu’au bout de ses projets. «Je sais qu’il y a des gens qui disent que je suis impulsif mais cette grève de la faim, ceux qui me connaissent savaient que j’allais la faire et franchement je m’étais préparé à mourir. Mais cela n’aurait rien changé, je le sais», affirme-t-il.

Passionné, oui, mais aussi anticonformiste! Il dit avoir réalisé, il y a un an de cela que la vie structurée, les directives d’un patron ou la routine d’un métier, ne pouvaient le satisfaire. «J’aime la liberté. Là, je suis libre de mes actions, je ne suis redevable à personne, je fais de la musique, j’ai fait des pièces de théâtre, et désormais je me lance dans le portrait. Je voudrais faire des portraits de gens et gagner ma vie. Pour le moment cela me suffira », ajoute-t-il.

Anticonformiste aussi dans la façon de militer pour la justice. En effet, alors que d’autres jeunes auraient opté pour des manifestations, lui, il a préféré faire une grève de la faim. Nombreux sont ceux qui se sont demandés comment il a pu tenir aussi longtemps et affiché un courage jusqu’à son dernier jour de protestation.

« Il y a des choses qui surpassent l’être humain. Je constate que mon corps se ressource très rapidement. Et je n’ai pas eu à être hospitalisé après ma grève. C’est quelque chose qui me dépasse. Mais quand l’on combat contre l’inégalité, l’injustice, on est soutenu par une autre force », poursuit-il.

Pour la petite histoire, Jeff a entamé sa carrière professionnelle, tout de suite après son cursus scolaire au Saint-Esprit. «Mes années collège ont toujours été pleines de rebondissement. J’aimais participer à tous les événements extracurriculaires. Mais ce qui a été particulier, c’est que j’ai choisi les sciences en form V pour enfin me tourner vers le domaine artistique en Higher School Certificate », explique l’ex-gréviste de la faim.

Il y a plus d’une dizaine d’année de cela, Jeff intègre le monde de l’enseignement secondaire au collège BPS de Beau-Bassin. Il affirme qu’il a, d’ailleurs, beaucoup appris de ces expériences en tant qu’enseignant d’anglais et de dessin. Une de ces anciennes élèves, Samirah, affirme qu’elle l’a toujours connu, tel qu’il est aujourd’hui.

Elle raconte qu’il a toujours été là quand une élève avait besoin de lui. «Il prenait le temps de nous parler. Je me souviens qu’une fois, il a raté un de ses concerts pour être à mes côtés, quand je n’avais personne vers qui me tourner», lâche Samirah avec nostalgie.

L’ancienne élève affirme que tout a toujours été différent avec Jeff. Il ne s’habillait pas comme tout le monde, il n’agissait pas comme les autres. «Il est une peu comme un indien dans la ville. Il marque sa différence ! », affirme-t-elle en rigolant.
Outre sa riche vie, entouré d’amis et de gens qui l’admire pour ce qu’il est, Jeff affiche surtout sa pratique de la spiritualité et sa quête de connaissance. «Je suis un étudiant de Kalakarl. C''''est-à-dire que je recherche la sagesse, la connaissance et la paix. Je ne suis pas un homme religieux mais spirituel », précise le jeune homme.

Aujourd’hui le combat de Jeff reste la cause des employés d’Infinity et ce même s’il a mis fin à sa grève. « J’ai l’habitude de mener mes combats seul, mais cette fois, je souligne le courage de Cynthia qui a fait cette grève et qui a tenu bon. Là nous faisons appel à l’humanisme du gouvernement, pour que les petits travailleurs soient payés en priorité », soutient-il.

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