Jean Yves L’Onflé : 15 ans de ténacité

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Riche de quinze ans de carrière, Jean Yves L’Onflé expose une vingtaine d’oeuvres à l’Alliance Française de Bell Village du 1er au 20 octobre.

Quinze ans à sonder la mer. Tamarin, village de ses débuts en peinture, au naturel. Village de la maturité aussi. Jean Yves L’Onflé, peintre, se pique maintenant d’exister.

A l’occasion de ses 15 ans de carrière, Jean Yves L’Onflé expose une vingtaine d’oeuvres à l’Alliance Française de Bell Village. L’événement se tiendra du 1er au 9 octobre. Quinze ans plus tard. L’Onflé parle de ses avancées au niveau technique, des formes et des couleurs. «Il y a plus de recherche aussi dans ce que je fais». A ses débuts, son sujet de prédilection, c’était la mer. Attrait inéluctable pour un fils de pêcheur. «Maintenant, vous verrez aussi des personnages ». Et de fait, les oeuvres exposées cette fois sont peuplées de corps nus, seuls ou en duo.

Dans l’une d’elles, un corps nu – celui d’un homme – replié sur lui-même. «Se enn kamarad sa», explique le peintre. «C’est une personne généreuse, qui n’hésite pas à aider les autres, mais quand lui, il a besoin d’aide, il se retrouve tout seul». Une réflexion qui a donné Broken heart et Solitude.

Autre point saillant : la généreuse présence de résine. «J’en utilise depuis trois ans». Avec pour effet, de la transparence, de la brillance, de l’éclat et de la «classe», ajoute L’Onflé. Un effet d’eau pour souligner la profondeur dans ses tableaux.

Connu pour ses collages articulés autour du sable, de feuilles, de jute, il y a mis cette fois, «de vraies huîtres», des coquillages ramassés sur la plage. Le tout dans une palette où domine le bleu. Où désormais perce du jaune – auparavant évité. Car L’Onfl é c’est aujourd’hui une signature. C’est le plasticien qui le dit. «J’ai rencontré des gens qui m’ont dit que dès qu’ils voient un tableau bleu avec de la texture, ils savent que c’est moi. Une fois, un collectionneur m’a dit qu’il n’était pas intéressé par mon travail, mais qu’il viendrait quand même au vernissage pour acheter à cause du nom».

Un nom. C’est sans honte que Jean Yves L’Onflé confie qu’arrivé en fin de cycle primaire, «je ne savais pas écrire mon nom. De la Std I à la Std VI, j’ai toujours eu 4 ‘F’. Dans mes cahiers, il n’y avait aucun devoir, je ne les faisais pas. Mes cahiers étaient couverts de dessins. Mes parents étaient convoqués à l’école toutes les semaines.»

Après le cycle primaire à l’école Saint Benoît de Tamarin, L’Onflé fréquentera Serge Constantin, peintre aujourd’hui disparu et le collège La Confiance. «Un jour, monsieur Constantin m’a demandé pourquoi je ne signais jamais mes tableaux, pourquoi il n’y avait pas de date. Je crois qu’il avait découvert que je ne savais ni lire ni écrire». C’est le déclic qui poussera Jean Yves L’Onflé à s’instruire par lui-même. «Quand je dessinais une pomme, je demandais comment est-ce qu’on écrit ‘pomme’ ».

Aujourd’hui, L’Onflé donne des cours à l’école Saint Benoît et à l’atelier de La Pointe Tamarin. En sus de préparer son quatrième solo à La Réunion, pour l’année prochaine. Et une exposition en France, prochainement. Gagne-t-il sa vie grâce à son art ? Modestement, Jean Yves L’Onflé répond : «Maintenant ça va».

Aline GROËME-HARMON

Quelques-unes des oeuvres que vous pourrez découvrir &gt

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