Japon : une crise nucléaire grave s''ajoute au désastre

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Les autorités japonaises s''''employaient, le dimanche 13 mars, à éviter la fusion du coeur de trois réacteurs nucléaires de la centrale de Fukushima Daiichi, endommagée par le séisme et le tsunami du vendredi 11 mars, qui ont fait selon toute vraisemblance plus de 10 000 morts dans le Nord.

Un autre problème est apparu dans la nuit de dimanche à lundi dans une centrale de la préfecture d''Ibaraki, à seulement 120 km au nord de Tokyo. Une pompe du système de refroidissement du réacteur n°2 a cessé de fonctionner. Cette centrale atomique, Tokai, avait connu un accident nucléaire en 1999.

Le Premier ministre Naoto Kan, l''air sombre, a estimé lors d''une conférence de presse que ce séisme et ses conséquences - tsunami, accident nucléaire - représentaient la crise la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale pour l''archipel, mais il a souligné que cela n''était en rien un nouveau Tchernobyl.

Près de deux millions de foyers sont privés d''électricité dans le nord du pays, où les températures sont hivernales, et 1,4 million d''habitations n''ont plus d''eau courante. Des centaines de milliers de personnes ont été évacuées des zones sinistrées, dont 140.000 aux abords de la centrale de Daiichi, après le séisme de magnitude 8,9.

Cent mille soldats japonais ont été mobilisés pour participer aux secours, soit le double du chiffre précédemment annoncé.
Près de 70 pays ont proposé ou d''ores et déjà envoyé une aide au Japon. Une dizaine de nations ont dépêché des équipes de secouristes, et 17 autres équipes se tenaient prêtes à partir.

Alors que le Premier ministre japonais s''exprimait, le personnel de la centrale de Fukushima, à 240 km au nord de Tokyo, s''activait pour empêcher une fonte des cartouches de combustible des réacteurs n°2 et n°3. De l''eau de mer devait être injectée dans le réacteur n°2, comme cela est en cours dans le n°3, afin d''éviter toute fusion.

Le gouvernement n''exclut pas qu''une explosion survienne au réacteur n°3 mais juge peu probable que cela touche le caisson renfermant le coeur du réacteur. Il n''exclut pas non plus que le coeur du réacteur n°1, dont un toit s''est effondré samedi après une explosion, soit déjà en train de fondre.

Les vents continuent de souffler du sud dans la région de Fukushima, ce qui pourrait affecter la population locale plus au nord.

LA GESTION DE LA CRISE CRITIQUÉE
D''ores et déjà, une hausse de la radioactivité a été mesurée à la centrale d''Onagawa, dans les environs de Sendai, mais les autorités ont assuré que le système de refroidissement de ses trois réacteurs fonctionnait normalement et que les radiations provenaient de la vapeur radioactive libérée à Fukushima Daiichi afin d''atténuer la pression à l''intérieur du réacteur n°1.
Ce réacteur-là, en service depuis 40 ans, aurait dû être fermé en février mais sa licence d''exploitation a été prolongée de dix ans.

Les autorités ont évacué les populations dans un rayon de 20 km autour de Fukushima Daiichi et ont passé au scanner des milliers de personnes afin de déterminer si elles avaient été contaminées ou non. A ce stade, il a été confirmé que 22 personnes avaient été irradiées.

Le gouvernement, dominé par le Parti démocrate (PDJ) et au pouvoir depuis moins de deux ans, n''échappe pas à des accusations de mauvaise gestion de la situation.

"La gestion de la crise est incohérente!", affirmait en gros titre dimanche le quotidien à grand tirage Asahi, pointant du doigt la lenteur des évacuations autour de la centrale atomique de Fukushima Daiichi.

La catastrophe et les coupures d''électricité affectent l''activité économique du nord du Japon: le géant de l''électronique Sony a suspendu l''activité de huit usines, dont une a été inondée par le tsunami. Toute production a cessé dans les quatre usines de montage du constructeur automobile Nissan. Et ce ne sont là que deux exemples d''une longue liste d''usines plus ou moins touchées.

Quant à l''évaluation de 10 000 morts, elle risque fort d''être revue à la hausse dans les temps à venir, car les secours n''ont toujours pas atteint certaines régions sinistrées. La ville de Minamisanriku, qui avait 17 500 habitants, a été pratiquement rasée et on est sans nouvelles de la moitié de sa population.

Le séisme de Kobe, en 1994, avait fait 6 000 morts. Celui qui avait frappé le Kanto (région de Tokyo) le 1er septembre 1923, de magnitude 7,9, avait, en raison de dramatiques incendies, fait au total dans les 140 000 tués.

Reuters

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