James-Burty David, l’homme et le politique qui n’a laissé personne indifférent

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James-Burty David n’a pas été qu’un obsessionnel opposant de Paul Bérenger, comme on a tendance à le croire.

S’il est vrai qu’il n’y a pas plus ramgoolamiste (voir vidéo ci-dessous) que James-Burty David, d’où sa hargne contre Paul Bérenger, il n’en demeure pas moins que cet homme recherchait continuellement la connaissance et exprimait, à sa manière, son amour des hommes. Un amour qui puise sa source dans des convictions, des adhésions et une foi que l’homme est toujours au service de l’humanité. Si son discours politique pouvait, à l’occasion, être atrabilaire, son engagement correspondait à un besoin de rendre meilleur la vie de l’autre.

En effet, il n’y a pas que l’homme politique…

Ceux qui ont connu l’enfant et l’adolescent James-Burty David s’en souviennent comme d’un «gentil garçon» qui s’appliquait dans tout ce qu’il faisait. Non seulement «gentil garçon» mais aussi «beau garçon» qui faisait venir à l’église Adventiste à la rue Edith Cavell, à Port-Louis, de jeunes filles qui voulaient juste le voir. Il s’appliquait, à l’époque, à des représentations bibliques et à des concerts dans l’église Adventiste de sa localité.

James-Burty David, c’était aussi cet homme là. Comme tous ces jeunes qui ont vécu à Port-Louis avant la bagarre raciale pré-indépendance, il portera en lui la nostalgie d’un vivre ensemble harmonieux et intercommunautaire. Cette souvenance d’une île Maurice qui n’existe plus, elle l’accompagnera dans son engagement politique. Un engagement politique qui rime férocement à ses leaders du PTr.

Il traversera ainsi les époques et les âges avec une conviction ultime: les Ramgoolam ont toujours raison. Et aujourd’hui, le PTr perd son historien le plus têtu. L’homme qui était prêt à tout pour défendre l’héritage de sir Seewoosagur Ramgoolam et l’exercice du pouvoir par le fils de ce dernier, Navin Ramgoolam.

Derrière ce personnage public, il y a l’homme privé et le professionnel à la recherche du savoir. Marié et père de deux enfants, James-Burty David est né en 1951. Il était détenteur d’une licence en éducation de l’université de Londres et d’un doctorat en lettres de l’université de Bordeaux.

Tour à tour journaliste freelance et enseignant, il se sera surtout signalé comme l’historien du PTr. C’est en 1964 qu’il se joint à ce parti. Entre 1977 et 1982, il occupera d’ailleurs la présidence du parti. Aux dernières élections, il prendra la fonction de responsable de la communication du parti rouge.

Il sera ministre de l’Education dans le premier gouvernement de Navin Ramgoolam, entre 1995 et 1997. Il deviendra ministre des Administrations régionales et de l’Environnement entre 1997 et 2000. Entre 2000 et 2005, il sera député de l’opposition travailliste, avant de revenir au pouvoir après la victoire de l’Alliance sociale en 2005.

Pendant tout ce temps, parce qu’il avait l’obligation en tant que directeur de communication du PTr, il se mettra tout le temps sur la première ligne pour attaquer Paul Bérenger. En effet, James-Burty David, hormis durant les élections de 1995 lorsque le PTr et le MMM étaient en alliance, aura été un farouche adversaire de Paul Bérenger. Ce sont ses sorties fréquentes et acides contre le leader mauve qui le distinguera sur la scène politique. Mais l’un de ses conseillers au ministère des Administrations régionales nous confiera qu’il n’avait rien de personnel contre Paul Bérenger, mais que c’était de bonne guerre entre les deux hommes.

Cependant, il y avait une vie au-delà de Paul Bérenger pour James-Burty David. Sur la scène politique et au sein du PTr, il avait ce rôle. Celui de monter au créneau contre le leader du MMM. Toutefois, l’homme était convaincu qu’un engagement en politique répondait à un idéal.

Dans un entretien accordé à 5-Plus Dimanche en 2002, James-Burty David fera ainsi une déclaration qui en dit long sur le personnage. Il se présentera, à cette occasion, comme un socialiste, un humaniste et un homme assoiffé de la vie. «Je suis un homme et rien d’humain ne m’est étranger», dira-t-il, à cet effet. Il sait aussi que ce n’est pas suffisant d’être un observateur de l’âme. Il faut continuellement lire et chercher le sens des êtres et des choses. C’est la raison pour laquelle James-Burty David parcourra les livres comme une aventure indéfinie.

Son engagement en politique et son alignement sur le socialisme, il le nourrira ainsi grâce à des lectures. James-Burty David était, en effet, un boulimique de la lecture. Il courait continuellement après le temps. Il dormait peu et lisait beaucoup. Lorsqu’il trouvait du temps, il le consacrait à l’écriture.

L’homme n’était pas que cérébral. Il s’adonnait aussi au sport, tôt le matin. Il recherchait l’équilibre, entre l’effort physique et la quête intellectuelle. Dans tout ce qu’il entreprenait, il cavalait après la vie. Dans cette course, on peut se tromper. Mais à quoi sert la vie si on ne prend pas de risque? “Il y deux types d’hommes: ceux qui surfent sur la vie comme des somnambules et ceux qui la croquent et savent en extraire un maximum», confiait-il, dans l’entretien qu’il avait accordé à 5-Plus Dimanche. Cela explique la passion qu’il mettait dans tout ce qu’il faisait.

Sa vie a été une belle conjonction entre des ambitions politiques et professionnelles. Lorsqu’il s’est fixé des objectifs, James-Burty David ne s’épargnait aucun effort pour les atteindre. Parfois, selon certains de ses détracteurs, il empruntera même des chemins peu avouables. Lui, qui a été l’auteur de plusieurs ouvrages critiques sur différents auteurs littéraires, ne se serait pas privé de sa position pour imposer ses manuels scolaires dans le curriculum…

Ce qui nous rappelle que James-Burty David n’a, comme la plupart des êtres humains, été ni tout à fait à blanc ni tout à fait noir. Il a mené son combat avec ses armes et ses moyens.

Et il y a peu d’hommes qui puissent prétendre laisser le monde autour de lui indifférent. James-Burty David n''est pas de cette race là…

SSR memorial lecture par James-Burty David :

Nazim ESOOF

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