Jahan Ara Peerally (universitaire) : A la quête de la connaissance là où elle se trouve

Avec le soutien de

Elle a 35 ans. Elle est professeur aux Hautes Études Commerciales (HEC), Montréal. Dr Jahan Ara Peerally nous raconte son parcours…

Dès l’âge de 14 ans, Jahan Ara Peerally voulait quitter Maurice, mue par ses ambitions intellectuelles. En dépit de sa jeunesse, ses parents ont accepté de la laisser intégrer Rathdown School, un pensionnat à Dublin, Irlande.

«J’ai ressenti le besoin de partir parce que le système éducatif de Maurice ne me convenait pas. Il y avait, à mon avis, trop de distractions. J’en ai parlé à mes parents, ils se sont consultés et ils étaient d’accord. Pour moi, c’était une belle expérience qui commençait. J’ai énormément appris», affirme la jeune femme.

Elle profite de sa solitude cette école de filles pour passer ses journées à étudier. Elle ne le nie pas : cela a été dur de s’intégrer, si jeune, dans une institution à l’étranger, avec des gens de différentes cultures.

«Les Irlandais ressemblent beaucoup aux Mauriciens d’une certaine façon : ils sont très accueillants, mais avec les filles de mon âge, je sentais une certaine barrière culturelle. Cependant, cela ne m’a pas dérangé de devoir aller à l’église tous les dimanches, en uniforme», lâche-t-elle en rigolant.

Ce qu’elle retient de sa scolarité en Irlande, c’est l’exposition à la culture. «Les samedis, nous allions à des concerts de musique classique et à des pièces de théâtre. C’était vraiment enrichissant. Quelques fois, mes amies m’invitaient chez elles les week-ends», raconte notre compatriote.

A 17 ans, Jahan Ara Peerally quitte le pensionnat, ayant accompli sa scolarité secondaire. Ses parents résistent à son désir d’entamer ses études universitaires, la trouvant beaucoup trop jeune. Elle prend alors une année sabbatique, pendant laquelle elle voyage avec sa mère.

«Ils avaient raison. Maintenant avec le recul, je conseille aux étudiants d’entreprendre des études universitaires autour de 23 ans. Il faut une maturité intellectuelle qu’on n’a pas forcément à 18 ans. Les jeunes ont tendance à se concentrer sur les filières qui sont très demandées mais il faut faire ce qu’on a envie de faire», fait-elle ressortir.

Pourtant c’est à 18 ans que Jahan Ara Peerally intègre le King’s College à Londres et entame un diplôme en Business Management. Après l’obtention de son diplôme, ses parents interviennent à nouveau : 21 ans, c’est trop tôt pour faire une maîtrise.

«Je suis revenue à Maurice. J’ai travaillé comme journaliste à News on Sunday pendant quelques mois et j’ai également était représentante médicale chez Medical Trading. Ensuite, je me suis à nouveau rendue en Angleterre, pour une maîtrise en Affaires internationales», poursuit notre interlocutrice.

Chaque année, la jeune femme revient à Maurice. Après sa maîtrise, elle devient la plus jeune chargée de cours à l’Université de Maurice. Elle y enseigne les Affaires Internationales pendant cinq ans.

«L’Université de Maurice m’a sponsorisée pour que je fasse mon doctorat et j’ai trouvé un directeur de thèse qui travaillait à l’Université de Reading, en Angleterre. J’allais le voir deux ou trois mois par an pour travailler sur mon doctorat», ajoute notre compatriote.

Puis, elle devient bénéficiaire du Fulbright Scholarship et se retrouve à la Rutgers Business School aux États-Unis et ensuite à la Richard Ivey Business School, Ontario au Canada. Elle quitte son emploi à l’Université de Maurice et part, donc, pour l’Amérique.

Elle complète son doctorat en Affaires internationales. Pendant ce temps, la jeune femme postule à plusieurs universités.

«C’est très dur de trouver un emploi en Amérique. Nous avons un job talk qui peut parfois s’étendre sur toute une journée ou même sur deux et des présentations sont requises. Sur 100 candidats, l’université n’en retient que deux par année», explique Jahan Ara Peerally.

L’Université de Montréal l’invite à un job talk. La chance du débutant lui sourit. Elle est retenue pour le poste de professeur adjoint, en Affaires internationales. Elle occupe toujours ce poste.

Son objectif aujourd’hui, c’est de faire des recherches et de prouver qu’elle mérite la promotion pour devenir professeur. Mais elle n’a pas oublié son pays.

«Mes recherches sont axées sur Maurice. J’ai travaillé sur l’innovation technologique dans les pays en développement et le processus d’internationalisation de l’industrie du textile et j’ai cité Maurice comme exemple», affirme-t-elle.

Toutefois, elle avoue penser souvent à son île : «La famille, la plage et la nourriture me manquent péniblement. J’ai toujours peur de ne pas être auprès de mes proches dans les moments difficiles. Même si je ne compte pas revenir vivre à Maurice, je viens en visite au moins deux fois par ans

&nbsp

Publicité
Publicité

Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires