Jadwiga Marek, défigurée par un Mauricien en Irlande: « Méfiez-vous de lui quand il rentrera à Maurice »

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Il l’a marquée à vie avec un couteau. Chaque jour qui passe, la Polonaise Jadwiga Marek se remémore le cauchemar qu’elle a vécu entre les mains du Mauricien Ashik Sabeer Imambocccus à Dublin, dans la nuit du 6 au 7 mai 2010. Il a beau avoir été condamné, elle met en garde toute femme qui croiserait sa route à son retour au pays.

Elle ne fera désormais confiance à aucun homme sur cette terre. Des points de sutures lui striant le visage, Jadwiga Marek, une Polonaise de 23 ans, n’oubliera jamais le cauchemar qu’elle a vécu entre les mains du Mauricien Ashik Sabeer Imambocccus, 27 ans, cette nuit du jeudi 6 au vendredi 7 mai 2010, à Dublin, en Irlande.

Elle sent encore la pointe de cette lame acérée sur sa paupière gauche qu’il a écorchée de rage. Et la peur qu’elle a ressentie quand il a voulu la défigurer et l’a menacée de l’assassiner tout en écrivant le mot ‘Sida’ avec son sang sur le mur de la salle de bain où il s’est acharné sur elle.

« Si je vous apporte mon témoignage, c’est uniquement pour protéger toutes ces femmes qu’il rencontrera à son retour au pays », glisse la jeune femme. Ashik Sabeer Imamboccus doit, en effet, être déporté vers Maurice dans 54 mois, au terme de la peine qui lui a été infligée par le Circuit Criminal Court de Dublin, ce mercredi 18 mai 2011, pour agression avec circonstances aggravantes.

Jadwiga Marek n’arrive toujours pas à expliquer cet accès de violence de la part de son ancien petit ami. « Je suis assise dans l''''appartement où on a vécu et où il a tenté de me tuer et je me demande ce qui a pu lui passer par la tête », souffle-t-elle.

Ils se sont rencontrés la première fois en septembre 2008, se sont croisés dans des fêtes à plusieurs reprises avant qu’il ne l’a convainc de sortir avec lui en mars 2009. « On s’est rencontré une première fois, on a parlé plus d’une heure. II avait un sourire charmeur. Je me suis dit qu’il était fait pour moi », se souvient-elle.

« On se voyait tous les jours. Personne n’a eu autant d’ascendant sur moi. On ne pouvait plus se passer l’un de l’autre. Il était tout pour moi et je sentais qu’il m’aimait beaucoup », poursuit la Polonaise. « Nous étions un couple uni, malgré le fait qu’on était d’horizons et de religions différents », dit-elle.

Un ressort s’est toutefois cassé dans cette relation en septembre 2009. A la demande de ses parents, elle doit rentrer en Pologne. Ben qu’il se soit montré assez compréhensif, il lui demande de rentrer à Dublin un mois plus tard. Quand il vient la récupérer à l’aéroport début novembre, elle sent bien qu’il est différent.

« Son visage ne paraissait pas aussi innocent. Il avait comme de la colère dans les yeux. Je ne sais pourquoi j’avais cette impression, » lâche-t-elle. Ce n’est que deux semaines plus tard qu’elle se rend compte qu’il lui a menti sur beaucoup de choses.

« Je n’avais pas de travail et je comptais sur lui pour un soutien. C’est là qu’il m’a avoué qu’il m’a mentie. Il n’avait plus de visa quand on s’était rencontré, il n’avait pas de travail non plus et il a eu le culot de me dire que, quand il m’a connue, il était avec une autre qui l’entretenait. Et que c’était facile pour lui de l’utiliser », s’indigne Jadwiga.

C’est alors la descente aux enfers. Ashik Sabeer Imambocccus lui demande en mariage devant sa famille à la noce de sa sœur à lui. Jadwiga accepte sa bague à contrecœur. Elle met les points sur les ‘i’ une fois rentrée et détruit la bague.

« J’ai cru que c’était une phase, qu’il allait changer. Mes amis ont commencé à me dire de le quitter. Je sais qu’il a eu une enfance difficile, ce qui pourrait peut-être expliquer son agressivité. Il a porté la main sur moi à deux reprises et je l’ai pardonné », déplore-t-elle. « Le jour de la Saint Valentin, il m’a offerte des fleurs. La nuit, j’ai eu droit à son côté sombre en version intégrale. Il m’a tellement battue que les traces étaient visibles sur tout mon corps », confie Jadwiga.

C’est le début de la fin. La Polonaise est emmenée au poste de police par un collègue quand elle débarque au travail le visage marbré de coups. Ashik Sabeer Imambocccus est expulsé de chez elle. Elle n’entend plus parler d’elle jusqu’à ce qu’il l’appelle au mois de mai pour récupérer ses affaires.

« La nuit du 6 au 7 mai, j’étais chez moi quand il a appelé. Il semblait ivre. Il voulait passer. Je l’en ai déconseillé. A 1 heure du matin, j’ai entendu une clé tourner dans la serrure. C’était lui », raconte Jadwiga. « Il a parlé à mes deux voisins qui étaient avec moi au salon. Il s’est couché sur place. Je n’ai pas voulu lui dire de partir, consciente qu’il est saoul et qu’il pouvait se montrer violent », dit-elle.

Mal lui en pris. Il est 2 heures du matin quand elle se réveille en sursaut. Il est assis à califourchon sur elle, un couteau à la main. « La première chose qu’il a dite est : veux-tu mourir ou vivre en étant laide ? Je ne pouvais crier à l’aide. C’était comme si j’avais une boule dans la gorge. J’ai pensé à tous les scénarios possibles pour fuir », se rappelle-t-elle.

Jadwiga parvient à crier pour alerter un voisin et à lui arracher le couteau. Le jeune homme est fou de rage. « Il m’a dit qu’il allait me défigure à un point que je vais regretter qu’il ne m’ait pas tuée. Il m’a coupé le nez, a écrit le mot ‘Sida’ avec mon sang, disant qu’il allait m’infecter avec le virus », relate-t-elle.

« Il m’a traînée à la salle de bain, m’a mise la tête sous de l’eau bouillante, puis m’a écorchée la peau de la paupière et me l’a arrachée. Ensuite, il m’a tenue la tête devant le miroir pour que je puisse me voir. Il a sorti une lame de rasoir en disant qu’il n’avait pas fini avec moi. Mon voisin est arrivé. Il est tellement maigre qu’il n’a rien pu faire », regrette-t-elle.

« J’étais sûre que c’en était fini pour moi. Il m’a montrée le numéro de ma mère sur son portable et m’a dit qu’il allait l’appeler pour lui dire ce qu’il avait fait et que ses amis allaient trouver ma famille pour se venger... » dit-elle. « Il a pris ce qui comptait le plus pour moi, mon crucifix. Il a pris plaisir à me faire peur jusqu’à ce qu’il ne soit arrêté », poursuit-elle.

L’an dernier, il fait une demande de remise en liberté provisoire. Elle doit alors se rendre en cour pour convaincre le juge de ne pas le faire. De peur qu’il ne récidive.

« Ashik Sabeer Imambocccus m’a marquée à vie. Je n’ai que 23 ans et à chaque fois que je me regarde dans le miroir, je vois ces 37 points de sutures sur le visage et les sept sur ma main », se désole-t-elle. « Je ne vais plus pouvoir faire confiance à un homme. Comment un homme que j’ai autant aimé a pu me faire une chose pareille ? Je ne pourrai oublier, il a laissé une trace indélébile sur mon&nbsp visage », se demande-t-elle.

« Je m’inquiète ce qu’il pourrait faire à d’autres quand il rentrera à Maurice. Je dirai à toutes celles qui lui donneront son cœur de se méfier. Il pourra leur faire ce qu’il m’a fait. Méfiez-vous de lui. J’espère qu’elles n’auront pas à fuir pour leur vie comme moi. Je crois faire mon devoir en vous racontant mon calvaire. Pour dire aux autres : attention à Ashik ».

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